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° Philo-prepas > Spinoza , L' Éthique SPINOZA " L'Éthique " A la recherche du bonheur, de la liberté et de la béatitude
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croyons avoir le pouvoir, grâce à une volonté, de décider au delà
de ce à quoi la connaissance nous autorise et de douter de tout, même
de la vérité. Autant dire que notre entendement est fini et que notre
volonté est infinie. Spinoza ne voit là qu'un préjugé de l'opinion
qui transforme facilement le désir du pouvoir en connaissance. La
volonté comme faculté de pouvoir. C'est que nous allons jusqu'à croire que nos croyances sont l'effet d'une volonté libre, d'une puissance d'affirmer et de nier: cette puissance de décision est éclairée par l'intelligence finie, mais, elle peut s'exercer au delà par un libre décret. Or
puisque nous croyons ce que nous voulons, nous pouvons vouloir n'importe
quoi et donc croire n'importe quoi comme si notre volonté exerçait un
pouvoir infini, sans limites. Nous devons prendre garde à ce que nous
pensons alors! A y regarder de plus près cependant, on s'apercevra que le doute, présenté comme un acte de volonté, est en réalité un acte qui a pour origine l'entendement. En fait lorsque nous doutons, nous nous apercevons que l'idée que nous croyions vraie n'était pas une idée vraie. C'est un peu comme si nous étions en train de rêver, tout à notre rêve, et voilà que nous prenons conscience que nous sommes en train de rêver: c'est donc la perception de soi comme rêvant qui amène le rêveur à douter de l'existence de ce qui lui apparaît dans le rêve. La volonté, pour Spinoza n'est pas du domaine de la réalité, ce n'est donc pas une puissance de l'âme: toute la puissance de l'âme est dans l'intelligence qui lui permet de connaître. Spinoza reprend une des grandes intuitions de Platon. Autant dire que cette puissance sera proportionnelle à la connaissance. Les
idées ne sont pas des tableaux inertes que nous pourrions modeler à
notre volonté comme nous faisons pour les abstractions que nous
appliquons mécaniquement à l'univers. Non, les idées, parce qu'elles
enveloppent l'affirmation d'elles mêmes sont diverses de telle manière
qu'il n'y en a aucune qui pourrait décréter ce qui serait valable pour
tous: l'affirmation est asservie à l'entendement qui est ajusté aux idées,
chaque idée étant ajustée à elle même comme forme intellectuelle
d'un objet. Que conclure de cela? Que le pouvoir de douter, de suspendre notre notre jugement est bien réel, mais qu'il dépend d'une perception de l'entendement et qu'il est donc asservi à la connaissance: il n'y a pas de volonté distincte de l'entendement. Loin d'être l' empire d'une volonté qui s'élèverait au-dessus de l'univers, la volonté n'est pas notre privilège, un privilège qui nous mettrait au-dessus de tout le reste et nous ferait ressembler par un certain côté à Dieu. Ce n'est pas une réalité, mais un être de raison, une abstraction que nous nous hâtons d'ériger en réalité absolue parce que cela satisfait notre désir de pouvoir, selon le mécanisme de la constitution d'une opinion. Il s'agit bien de restituer à l'âme sa puissance d'intelligence et de réduire la volonté à ce qu'elle est, en dénonçant ce qu'elle n'est pas. Page
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point final.
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