° Rubrique philo-poche 

Cours de  PHILOSOPHIE par J. Llapasset

Philo-poche  

  La phonétique 

La langue à l'occasion de l'Enseignement de la phonétique et de l'Enseignement par la phonétique par V. Dogan GUNAY   

  • page 1 Introduction  -1. La Phonétique
    page 2 Dans la communication
    page 3 L'enseignement de la langue étrangère
    page 4 Langue parlée, langue écrite
    page 5 Enseignement phonétique
    page 6 Phonétique et étude des textes littéraires  Rhétorique
    page 7 Deux groupes de figures
    page 8 La poésie
    page 9 Figures de style: publicités, etc...
    page 10 Conclusion, bibliographie

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3. L’Enseignement de la langue étrangère

Comment est-ce que nous pouvons utiliser la phonétique dans l’enseignement ? Pour répondre à cette question nous devons parler un peu des méthodes utilisées dans l’enseignement de la langue étrangère.

Comme nous savons ces méthodes sont changées complètement à partir de la deuxième guerre mondiale. Jusqu’à ce temps-là on utilisait une méthode dite traditionnelle par laquelle on vise à faire lire les textes littéraires. Mais après cette date, le but d’apprendre une langue étrangère est changé entièrement. Au lieu de lire des textes à sa langue originale, on essaie de communiquer. Cela veut dire que l’écriture donne sa place à la communication orale. De ce point de vue, la communication orale se base sur la langue parlée. Mais on emploie aussi la langue écrite dans cette méthode.

Le but de la nouvelle méthode est de faire parler les élèves. Par cette méthode, il s’agit toujours d’une approche communicative qui est fondée sur la langue parlée. S’il s’agit de la langue parlée, il est question de la prononciation et de l’articulation correcte des mots.

Puisqu’il s’agit de la prononciation correcte d’une langue étrangère, il faut introduire la phonétique dans cette méthode. Autrement dit, cette nouvelle méthode vise à utiliser largement les recherches faites par cette discipline. Comme nous savons, dans la méthode audiovisuelle le seul but est de gagner l’automatisme. C’est avec cette méthode que l’on commence à utiliser le laboratoire de langue. Dans des cabinets isolés, les élèves peuvent écouter, parler et s’entendre. On utilise le magnétophone dans le laboratoire. Précisons que cet appareil est l’instrument par excellence d’une méthode d’enseignement de la langue orale. Pendant les cours, basés sur la communication orale, le professeur doit être attentif aux prononciations des élèves, et il peut faire écouter plusieurs fois les cassettes enregistrées pour ces types de méthodes. Il en résulte que, par la nouvelle méthode, la phonétique commence à être employée dans l’enseignement de la langue étrangère.

Par la phonétique, nous avons dit quelque fois qu’il s’agit de prononcer correctement, d’articuler d’une manière convenable à l’usage accepté par la société. L’articulation ou bien la prononciation se manifeste le plus souvent dans la langue parlée (on dit aussi : la langue orale). De l’autre côté, dans la langue orale, la prononciation correcte ne suffit pas à fournir la communication. Celui qui produit un message doit faire attention aussi à la prosodie, à l’accent, à l’intonation, à l’intensité, à la durée en bref aux différents paramètres des activités sonores. Cela veut dire qu’il faut employer une langue sous ses règles métriques. La langue se présente comme la suite des sons qui s’articule sur la chaîne parlée. Il n’y a pas de discours oral sans intonation grâce à laquelle il est possible de modifier le sens d’un message.

L’intonation permet au message, dans une communication orale, d’exprimer l’exclamation, l’interrogation, la surprise, la douleur, la joie, l’indignation. A l’écrit, on a recours à une transposition au moyen des signes typographiques (point d’exclamation, point d’interrogation) ou d’une exclamation linguistique (Lafont et Gardès-Madray, 1976 : 23).   

 

On peut obtenir avec le même mot des sens différents en changeant le ton. On appelle ton, “l’utilisation qui est faite dans certains langues d’oppositions de hauteur comme unités distinctives : elles peuvent permettre de différencier deux phonèmes, tous les traits pertinents étant identiques d’un phonème à l’autre”. (Ducrot, Todorov, 1979 : 231). On comprend que le ton est un niveau phonologique mais l’intonation est un niveau syntaxique. Dans les phrases suivantes, à l’aide des intonations différentes on distingue les groupes de phonèmes l’une de l’autre.

[søkilvœl] : Ceux qui le veulent savent ce qu’ils veulent.

Dans la lecture à haute voix, la pause ou la ponctuation nécessite une attention. “Graphiquement, la pause est marquée par une ponctuation. Oralement, elle correspond à une aspiration d’air, à un moment de silence, à une interruption de la courbe mélodique” (Vilemas-Butzbach, 1988 : 52). Répétons ces deux phrases suivantes :
On ne badine pas avec l’amour d’Alfred - de Musset.
On ne badine pas avec l’amour - d’Alfred de Musset.

En changeant la place de pause, on obtient deux messages différents. De même le changement de la ponctuation déplace le sens. Répétons les phrases suivantes :
Cet homme, dit la femme, est incapable...
Cet homme dit : “la femme est incapable”.

Ce soir, le roman d’un jeune homme pauvre, pièce en trois actes.
Ce soir, le roman d’un jeune homme, pauvre pièce en trois actes. (Nous avons emprunté ces exemples de: Vilemas-Butzbach, 1988 : 53-54).

Pendant d’une lecture à haute voix, le lecteur met en jeu toute une dynamique corporelle d’articulation, de respiration, d’intonation, de ton, de mimique. Pour contrôler la vitesse, le débit, les pauses et les intonations, on peut donner des exemples telles que :
Ah ! pourquoi, dans les bois, Pépita m’épies-tu ?
Dans les bois, Pépita, pourquoi te tapis-tu ?

Tu m’épies sans pitié, c’est pitié de m’épier.
Ah ! pourquoi dans les bois, m’épies-tu Pépita ?

Celui qui veut parler une langue doit obéir aux règles acceptées communément. La syllabe d’un mot n’est pas toute prononcée avec la même intensité sonore. Par exemple, les mots possèdent en français un accent qui se place en général sur la dernière syllabe. Mais dans une autre langue l’accent peut se placer sur une autre syllabe. On peut voir les mêmes diversités dans l’usage d’autres éléments prosodiques.

Chaque langue a un système de transcription, dit phonétique ou phonographique. Pour la prononciation correcte on a formé un autre type d’écriture qui est nommé Alphabet Phonétique. Les phonéticiens ont formé un système de transcription pour les sons d’une langue. Aujourd’hui, par l’Alphabet Phonétique International (en bref : API), il est possible d’écrire la prononciation de toutes les langues du monde. Ce système d’écriture phonétique est fondé, en 1886, par le français Paul Passy et l’anglais Henry Sweet.

De nos jours les livres de l’enseignement d’une langue étrangère précisent l’API. Dans La France En Direct, l’un des livres pour l’apprentissage du Français Langue Etrangère (FLE), on précise l’écriture phonétique. Au-dessus de chaque mot nous voyons l’écriture en transcription phonétique et les graphiques exprimant l’intonation, la prosodie et le rythme. Cela veut dire que, pour pouvoir utiliser cette méthode, le professeur doit connaître la phonétique. On peut augmenter les exemples. Dans chaque livre il y a un chapitre consacré à la prononciation des mots. Par exemple, dans Le Français Sans Frontières, pour chaque leçon, il y a une partie consacrée à l’intonation. De même les grands dictionnaires du français montrent la transcription phonétique de chaque mot. Il en résulte que, de nos jours, la phonétique est l’un des éléments essentiels de l’enseignement de la langue étrangère.

Dans les livres de Grammaire, du point de vue de la prononciation, s’il s’agit d’une situation importante, on exprime les deux cas : dans la langue orale et dans la langue écrite. Par exemple, Le Bon Usage décrit le féminin des adjectifs qualificatifs suivant les deux langues. Pour la langue parlée nous lisons une explication telle que : “Dans les adjectifs terminés au masculin par une voyelle orale ou par une consonne articulée, la forme du féminin se prononce identiquement comme celle du masculin” (Grevisse, 1980 : 368). On donne quelques exemples : un homme poli- une femme polie, un mot vrai- une parole vraie, un lieu public - une place publique. Pour la transcription graphique d’une écriture phonétique, il y aura un ambiguïté. Comment peut-on enlever cette ambiguïté ? C’est le contexte qui nous aidera toujours. Par exemple malgré la distinction de l’écriture des mots “leur livre/leurs livres”, il n’y aurait pas une distinction phonétique entre eux. Mais si nous choisissons le singulier, nous devrons l’employer avec la troisième personne du singulier d’un verbe : “leur livre est ouvert”. Si nous choisissons le pluriel nous obtiendrons “leurs livres sont ouverts”. Dans le contexte, l’élève peut trouver des indices précisant le genre des mots.

page 4 Langue parlée, langue écrite

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