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Cours de  PHILOSOPHIE par J. Llapasset

Philo-poche

Mythe,  science  et  philosophie  

Mythe et science: les mathématiques (suite)

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II. Mythe et science: les mathématiques

En réalité, il y a un progrès décisif des mathématiques par rapport au mythe. 

  • D'abord parce que le fondement du point de départ n'est plus dans la fantaisie d'un dieu, d'un demi-dieu ou d'un héros mais dans le discours qu'il autorise: la rigueur des enchaînements est une raison d'adhérer au postulat. 

  • Ensuite, il ne s'agit plus de répéter ce qui a été: le mouvement remplace l'immobilisme car si dans le mythe le contenu du discours est indiscutablement fixe, dans la science l'hypothèse est présentée comme une hypothèse, une supposition produite par la raison, sous réserve d'une rigueur du discours qu'elle permet en mathématiques ou d'une vérification par l'expérience. C'est ce que l'on place au début d'un processus de calcul, ce qui permet la prévision étant bien entendu que si la prévision ne se réalise pas l'hypothèse perd sa justification. 

  • Enfin, que le postulat soit appuyé sur l'évidence marque, la possibilité d'un contenu du discours qui serait ajusté à ce qui est par la production d'une idée, qui serait la forme intellectuelle de la réalité. (Est évident ce que l'on voit)

- La science s'élabore, grâce aux mathématiques, comme diversité  et pouvoir de calculer, de prévoir, capacité de distinguer le vrai du faux par comparaison, théorie et expérimentation (*lien en ouverture nouvelle fenêtre)
La pensée, comme raison, s'oppose à la tragédie d'un destin déterminé par l'origine et apparaît comme le résultat de la parole qui s'ouvre à
la logique par l'identité et la non contradiction, au déterminisme de la nature par la recherche de la causalité, puis de lois. Cela pour répondre au désir de vérité que seule la liberté d'un dialogue avec soi même et avec la nature permet de
nourrir. 

- On voit donc que la science reprend l'élaboration de l'expérience par le mythe en remplaçant une explication théorique donnée par une explication acquise, une expérience subie par une expérience conquise, avec l'ambition de ne rien perdre de la rigueur mathématique dans un discours accordé à ce qui est réellement. Elle va remplacer une représentation donnée par une opération qui fera comprendre en faisant apparaître expérimentalement la non contradiction de ce qui est avec ce que la théorie prévoit, explique, déplie: ce qui sépare radicalement mythe et science ce n'est pas l'élaboration de l'expérience mais le rapport à la certitude

  • le mythe part d'une certitude première, fondatrice, qu'il ne peut que dérouler dans le monologue d'une monotone répétition du même discours: en cela il assure le pouvoir de l'origine: c'est un fatalisme. 

  • La science au contraire part d'une incertitude première, d'une hypothèse qui la condamne à une aventure perpétuelle scandée, à l'infini par  théorie et expérimentation. En ce sens Jean Rostand écrivait: "Chaque matin je me lève pour assurer mes ignorances" comme si la nature pouvait bien dans l'expérimentation répondre non mais jamais oui.

- Est-ce dire que la science a conjuré définitivement la pensée mythique?

Un des caractères du mythe nous est apparu dans la manière dont il affirmait la vérité du contenu de son discours, dans son immobilisme. N'est-il pas possible d'affirmer que chaque fois que la science arrête son mouvement de dépassement elle produit des mythes?

Il est clair que ce qu'on pourrait appeler la science constituante par théories et expérimentations, comme incessantes rectifications d'erreurs, la science fidèle à cette vocation dépasse définitivement le mythe dans sa prétention dogmatique de présenter un fondement hors du temps, définitivement à l'abri du doute: 
Même si elle ne saurait écarter toute croyance de sa démarche, puisqu'elle utilise sa raison productrice des idées métaphysiques, ces principes régulateurs que sont le moi, le monde et Dieu
. Mais la science constituée n'échappe pas toujours à la tentation de se considérer comme vérité définitive et de produire des mythes d'autant plus dangereux qu'ils se couvrent d'une pseudo-rationalité scientifique. 

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