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MERLEAU - PONTY 

Le visible et l'invisible Propos de Claude Lefort

compte-rendu de Joseph

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Le visible et l'invisible a le caractère d'une oeuvre inachevée, mais, en elle, s'incarne la direction ontologique des recherches de Merleau-Ponty, liée à la notion d'être sauvage, d'être brut, de monde vertical. La notions de "chair" a émergé dans le travail de l'écriture, au dernier chapitre: "l'expérience de ma chair" comme prototype de l'être. En soutenant l'exigence de l'interrogation Merleau-Ponty va ouvrir un chemin, nouer un rapport à la chose même.

Différence avec la Phénoménologie de la perception:
Même si l'on trouve dans le premier ouvrage l'anticipation de la thèse (corps propre, appartenance au monde, renversement du sentant sensible, réflexion qui avorte, spatialité et synthèse du corps propre, réexploitées dans le visible et l'invisible), il reste que la Ph P a une architecture traditionnelle (oeuvre académique: sensation, jugement, attention) alors que dans le V.I on a l'impression d'une pensée qui s'improvise, dont le chemin se fraye de proche en proche.

Merleau-Ponty part des paradoxes que soulève la perception:

  • a) Elle implique la foi dans le monde et simultanément pour chacun l'expérience est sienne.

  • b) Pouvoir d'accéder au monde et de me retrancher dans mes fantasmes.

  • c) La perception enseigne une proximité absolue au monde et une distance irrémédiable.

  • d) Enfin la perception me heurte au mystère d'autrui car la chose perçue par autrui se dédouble devant celui qui la voit: celle qu'il perçoit est celle que je vois hors de son corps et que j'appelle chose vraie (page 25).

Merleau-Ponty part de ces paradoxes pour examiner les points de vue de la science et de la philosophie réflexive en tant que l'un et l'autre procèdent de la perception: la science et la philosophie réflexive prétendent trancher le paradoxe de l'attitude naturelle en érigeant en thèse ce qui dans l'attitude naturelle est supposé comme pure passivité (du corps qui subit) ou comme pure activité (la vision qui va aux choses): ainsi science et philosophie cherchent à fixer une origine en décomposant la vision. Mais dans ce mouvement de décomposition, la vision est détruite sans qu'elle puisse être rétablie car, pour la philosophie réflexive, revenir au sujet qui voit reviendra à rendre compte de la pensée de voir et à abolir la vision. En cherchant par la réflexion un point d'origine (page 54,55) la philosophie réflexive use d'un rapport premier au monde en l'oubliant aussitôt.

M-P entrevoit la nécessité pour la réflexion d'une autre opération, plus fondamentale, qui tiendrait compte d'elle même: la surréflexion (page 61).

Cela amène M-P à revenir sur la Ph P pour critiquer le cogito tacite: il ne suffit pas de chercher un cogito tacite du corps sous le cogito langagier car cette démarche fait oublier que la reconstitution elle même est oeuvre du langage. C'est le philosophe qui est engagé dans l'opération de reconstitution et en tant que tel véhicule des mots chargés d'une signification sédimentée. son propre mouvement implique l'import d'un sens qui modifie le spectacle: surréflexion, non pas quelque coïncidence avec l'expérience en deçà de l'attitude réflexive mais penser une pensée qui tient compte à la fois qu'il y a quelque chose en deçà de la pensée et que son propre mouvement est mis en jeu dans ce rapport à cet en deçà.

A la page 61, Merleau-Ponty fait émerger comme conclusion:

 il faudrait que la pensée entre dans la forêt de références qu'elle fait lever, qu'elle interroge dans un mouvement qui anime et révèle cela en quoi il entre.

Vers la page 2

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