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vivant
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PHILO RECHERCHE - FAC
Agrégation interne de philosophie
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L'intuition
du vivant, Bergson
et la création intellectuelle
par
Magali UHL, Docteur en sociologie, Université. Paris I Panthéon Sorbonne
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Toutefois,
la nage
de
l'homme à la surface de l'eau
n'a rien de comparable à l'aisance du poisson.
Ueda Akinari, « Carpes telles qu'en songe... » (1).
D
ANS CE QU'IL EST CONVENU de
nommer
les philosophies de la vie, l' œuvre de Henri Bergson tient une place particulière. Elle a en commun avec la pensée nietzschéenne, mais aussi avec celles
de Georg Simmel, Max Scheler et Arthur Schopenhauer (2), de souligner le rôle essentiel de la vie dans la connaissance des
objets, des êtres
et des événements. Cependant, à la différence des analyses de Nietzsche où la volonté de puissance s'exalte dans l'action du vivant, se joue des contraintes, dissimule, ment et se meut dans un chaos dionysiaque (3), l'élan vital bergsonien tente au contraire de dévoiler ce qui entrave la compréhension de la chose en soi (4) afin de
cerner la simplicité originelle de la vérité. La vie n'est dès lors plus
perçue comme l'expression de la force et de la ruse, car elle s'apparente au
combat de la fragilité et de la souplesse dans un monde matériel hostile et menaçant.
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(1) Ueda Akinari,« Carpes telles qu'en songe...»
in Contes de pluie et de lune
(1768), Paris, Gallimard/Unesco, 2000, p. 76, traduit du japonais par René
Sieffert. Ce conte fantastique relate avec humour la métamorphose du peintre et moine Kôgi en carpe,
récom pensé par le Dieu des eaux pour avoir consacré sa vie à sauver des poissons.
(2) Il serait intéressant de rapprocher l'œuvre novatrice de Michel Henry des auteurs cités ci-dessus dans la mesure où Michel Henry poursuit et interroge leur réflexion sur la vie en renouvelant radicalement leur problématique et en proposant une analyse originale dans la philosophie occidentale. Pour une approche synthétique se reporter à l'article de Michel Henry publié dans ce numéro: « Philosophie de la vie ».
(3) Dans la perspective nietzschéeime, l'intellect, dans la mesure où il veut connaître, falsifie nécessairement. Aux anges subtils de la connaissance Nietzsche oppose
un interprète humain concret qui
«introduit d'abord un sens avant même qu'il puisse y avoir un
état de fait », c'est-à-dire qui met en relation un groupe de phénomènes particuliers dans le but ultime de leur assigner un sens qui corresponde à ses propres aspirations (Friedrich Nietzsche, La Volonté
de puissance.
Tome l, livre l, § 204, Paris, Gallimard, 1997, p. 88). Ce que Nietzsche remet fondamentalement en question, ébranlant par
là même l'édifice rationaliste de la philosophie classique, c'est le pur sujet de la connaissance, « étranger au temps, sans volonté ni douleur », un sujet libéré par le seul miracle de la conceptualisation des affres de la passion et de l'empire des affects, un sujet qui aurait, infine, le pouvoir de nier l'impétuosité des sens, ,< la préséance fondamentale des forces spontanées, agressives, conquérantes» (Friedrich Nietzsche, La Généalogie de la morale, Paris, Gallimard, 1997,
III, § 12, p. 141 ; II, § 12, p. 87)
(4) Comme le souligne Vladimir Jankélévitch, Ja philosophie de Bergson « est littéralement un retour aux choses elles-mêmes» (Vladimir Jankélévitch, Henri Bergson, Paris, PUF, 1989,
p. 288).
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