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° Rubrique Philo-prepas > La recherche du bonheur

PHILOSOPHIE - CLASSES PREPAS par J. Llapasset

La recherche du bonheur

Tchekhov 

Oncle Vania

Acte II - Démonstration: vanité de la recherche du bonheur...

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= Sérébriakhov. "Oeuvrer sa vie durant ... se retrouver dans ce caveau, voir chaque jour les mêmes figures bêtes... Je veux vivre ... Regretter le passé ..."

Un auteur comme Tchékhov qui a passé sa vie à lutter contre la maladie, la misère, les ravages du temps, ne pouvait que s'investir totalement dans ses pièces: une thèse les traverse donc, même si l'auteur se contente de suggérer, de faire signe, de faire voir pour ainsi dire sa thèse principale: cette thèse est une protestation maîtrisée contre le malheur: il s'agit de montrer et parfois de démontrer que la recherche du bonheur est vaine quelles que soient les faveurs de la chance, de la bonne heure. On remarque que les malheureux attribuent leur malheur au manque de chance. Pour démontrer la fausseté de cette mise en cause, Tchékhov nous présente un professeur qui a eu, pour ainsi dire toutes les chances. C'est une sorte de démonstration par l'absurde: supposons que les "bonnes heures", les faveurs de la fortune soient multipliées, que la chance favorise un personnage, cet homme n'en sera pas moins malheureux, si tant est que les interventions de la chance l'aient une seule fois rendu heureux.

Thèse: la recherche du bonheur est vaine quelle que soit l'intervention de la bonne fortune, de la chance.
Sérébriakhov est en effet le chouchou de la chance: sur le plan intellectuel, il réussit un concours bien qu'il ne fasse que répéter, sur le plan matériel, il reçoit en héritage la propriété de sa première épouse, dans cette propriété Oncle Vania et Sonia s'échinent à le servir et à travailler pour lui jusqu'à lire des articles à sa place; enfin sur le plan affectif sa deuxième épouse est magnifique.

Et Tchékhov de nous signifier: même si la chance intervient, on n'est pas moins malheureux:

- Si on a besoin de la chance, cela souligne notre impuissance à nous rendre heureux par nous même.
- La bonne heure arrive-t-elle? C'est pour mieux souligner l'insuffisance de ce professeur qui a toutes les peines du monde à tenir son rang et doit faire travailler Vania et Sonia pour recopier ce qu'il débitera en public, le plus souvent sans le comprendre. De plus ses réceptions sont soutenues par le travail de Vania qui lui envoie régulièrement une pension.
- Ensuite que fera-t-il de cette propriété qui lui arrive en héritage comme un cheveu sur la soupe au point qu'il décide de la vendre sans se rendre compte du sort qu'il impose à ceux qui en vivent.
- S'y retirera-t-il pour y mourir d'ennui? Cette femme que tout le monde lui envie, le plonge dans la jalousie: comme n'aurait-il pas peur d'être trompé puisque sa beauté souligne la vieillesse: quand le couple s'avance, un contraire éclaire l'autre impitoyablement.
- Enfin, et ce n'est pas un des moindres paradoxes d'une vie, le souvenir de sa vie active et mondaine rend encore plus douloureuse cette pétrification qui le fige, lui le nomade: il est fixé sur place avec un entourage qu'il méprise et qui le lui rend bien. En fait il regrette de ne pas être pris pour un dieu.

= Avouons que la rigueur du raisonnement signifié par Tchékhov nous laisse bien près d'admettre que l'idée de bonheur n'est qu'un malentendu et que le chemin du bonheur se révèle être le chemin du malheur, parce que le bonheur n'est pas dans la possession d'un concours, d'une femme, d'une propriété, mais dans la liberté du créateur.
Dans cette pièce personne n'est arrivé à ce dont il rêvait et personne n'a suivi l'infini que chaque homme porte en soi. Encore ne fallait-il pas confondre l'avoir et l'être !

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Sur l'Acte II

La femme, la soeur, la nourrice ... (pages 35 à 38).

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