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PHILOSOPHIE - CLASSES PREPAS par J. Llapasset

La recherche du bonheur

  • Sénèque : (4 av. J-C à 65 après J-C)
     

    Sénèque: sur La brièveté de la vie - sur La vie heureuse
    Sénèque: De brevitate vitae - De vita beata

Comment collaborer avec le divin: premier précepte: distinguer l'ordre de l'univers et- le bien et le mal

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Lorsqu'on entreprend une campagne militaire, lorsqu'on veut lutter contre l'ennemi il ne faut pas se tromper d'objet et s'élancer contre le vent des moulins à vent.

Le sage est celui qui collabore à l'oeuvre du divin, ce n'est pas celui qui s'y oppose! Certes, il s'agit bien de suivre le bien et de combattre fermement et constamment le mal mais, il ne faudrait pas les confondre avec l'ordre de l'univers, l'ordre divin.
Soyons ferme sur les définitions si elles doivent servir de principes pour la pensée et pour l'action. Or le bien désigne ce qui a pour origine la vertu et le mal, ce qui a pour origine la méchanceté. On ne peut donc qualifier moralement ce qui a pour origine le divin, des êtres bienheureux et immortels, ce qui arrive selon l'ordre du monde organisé, en sympathie, à la manière d'un destin contre lesquels, de toutes façons, on se briserait.

Accepter l'ordre de l'univers c'est la première condition nécessaire pour collaborer avec le divin. Tout ce qui relève d'un tel ordre nous ne pouvons pas  l'appeler un bien ou un mal, comme les maladies, la mort, les diverses infirmités ou autres misères qui peuvent nous arriver par la nécessité.
En échappant à une telle "projection" du moral sur le physique nous échapperons du même coup à l'imagination et nous accepterons ce qui nous arrive et qui ne dépend pas de nous même si cela semble contredire la raison alors que cela lui est conforme. Une règle fort composée nécessaire à l'ordre de l'univers n'empêche pas que ce qui lui est conforme paraisse erratique à l'opinion qui ne pense pas ou qui ne " pense " que par rapport à soi.

A la lettre, nous nous "décontracterons", en cessant de nous opposer de manière dérisoire et tragique à l'ordre universel divin, par une sorte d'acquiescement de notre raison à la Raison universelle.

 

La recherche de notre bonheur dépendra alors de nous, de notre lutte contre le mal moral (vertu) et de nos efforts pour nous élever vers la liberté dans une marche asymptotique mais réelle vers l'exercice d'une vertu parfaite. Il s'agit de restreindre le champ de notre action à ce qui dépend de nous.