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Chez
Alexis, la peur est peur de l'inconnu (page 12
et page 20).
Pour "la première fois" il va découvrir un monde
autre que le sien, un monde qui entoure son jardin d'Eden et qui
engloutira ce jardin, ce monde de la puissance démesurée du mécanisme
rationnel qui broie la nature et les travailleurs en leur
retirant la liberté, qui exploite la planète en
"l'esquintant", en pressurant ce que la terre produit.
Ce
monde infernal de méchanceté, d'aliénation, qui défigure la
nature et l'homme, c'est une sorte de Géant qui organise tout
pour la consommation qui consume et brûle, pour satisfaire de
faux besoins pour un plaisir qui tourne vite à l'écoeurement.
La caractéristique de cet enfer sur terre c'est l'impatience et
le mépris du principe de précaution. Autour de cette sorte de
Géant aux dents d'ogre, dont on ne peut attendre aucune pitié,
volettent des hommes au service de la machine et un essaim
d'enfants consommateurs, comme des papillons autour d'une lumière
qui les anéantira.
A
cette scène qui tourne vite au cauchemar de la dureté, du
malheur, de la méchanceté pure parce que mécanique, de la
disparition, s'opposera une contre-scène de douceur, de bonheur,
dans un cadre familial aux accents d'éternité, dans le jardin
retrouvé où "Tout ce que je vis, tout ce que je sens me
semble éternel"; comme à un dieu bienheureux et immortel
qui ignore que même la maison à la tête belle comme l'aube
sera remplacée par des cannes.
Entre
les deux scènes, la médiation (et non le compromis)
est assuré par une femme qui, en le reconduisant au seuil de la
propriété familiale, accompagnera son mouvement de fuite, de
reflux qui s'impose à lui comme la seule solution possible
devant l'enfer des hommes.
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