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° Rubrique philo-prepas > Le corps

Le corps Classes prépas par J. Llapasset

Est-on possesseur de son corps ?

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Un chemin paradigmatique pour comprendre, une  approches orientée  vers un en deçà (pas un au delà) du corps, son être, l'essence de la puissance et aussi bien de l'ego, du vouloir, du corps.

= Le mouvement n'est-il pas, à la manière d'un paradigme, significatif (= il fait signe vers un en deçà) des problèmes (soulevés par la question sur le corps selon l'instrument ou selon l'être) et initiatique aux solutions possibles qui permettraient de naviguer entre j'ai un corps et je suis un corps sans jamais perdre de vue l'un ou l'autre. Cette question, est-on possesseur de son corps, ne doit pas apparaître comme une fuite de l'essentiel, ce sans quoi il ne peut y avoir d'expérience du mouvement, une fuite dans une alternative ruineuse: ou bien je possède le mouvement comme puissance du corps, ou bien je suis ce mouvement, j'en suis possédé et je disparaît au bénéfice d'un destin. Il se pourrait bien que seule l'expérience du mouvement senti , en nous permettant d'échapper à l'alternative ruineuse de l'avoir ou de l'être, retrouve, au niveau de l'expérience du corps se mouvant entre l'avoir et l'être, l'avoir comme l'être métamorphosé en instrument, en mouvement, et l'être comme pureté retrouvée de l'instrument, comme apparaître à soi  de ce qui le fonde. Cela fonderait trois figures de la vérité originaire qui se rejoindraient dans leur être: l'ego, le corps, le mouvement.
Autant dire que le mouvement est aussi bien l'ego que le corps en ce qu'ils nous sont connus immédiatement par savoir immédiat de soi.

 Ce que nous cherchons dans  l'égarement, dans l'excès ou l'extension d'une transcendance, nous ne le trouverons jamais dans l'extériorité car il est toujours en deçà, dans une présence à soi fondatrice. L'origine même du mouvement se confond avec l'immanence de l'essence de la puissance exercée, toujours déjà là parce que précisément condition de possibilité de tout apparaître.
A ceux qui objectent que le corps n'est pas seulement le mouvement, qu'il y aussi le sentir et aussi bien le vouloir, on pourrait tout leur accorder sauf leur objection en répondant et en établissant que l'essence du sentir est constituée par le mouvement et que le vouloir, dans son accomplissement même, est l'être du mouvement.

= Si l'être de l'affectivité constitue bien le fondement du mouvement, du vouloir et de l'action, il devient ainsi inconcevable que l'on puisse changer son être par une action. (= racine du désespoir)
L'être de l'ego, du corps, du mouvement, ne peut se comprendre que comme essence immanente d'une puissance à partir de laquelle s'éclaire le jeu ambigu entre l'avoir et l'être. Pourtant, l'ambiguïté ne résiste pas aux raisons: si j'ai un corps comme instrument de telle ou telle action, ce n'est que parce que le corps comme ensemble de pouvoir ne peut se saisir et se comprendre que par le premier apparaître, l'essence de la puissance, "la venue en soi de la vie".

= Qu'est-ce qui permet de dire mon corps?

"Dans le corps propre et par lui s'exprime l'univers des relations, réfracté dans une expérience singulière." Gaston Berger, Recherche sur les conditions de la connaissance, page 97.
"Sentir, c'est faire l'épreuve dans l'individualité de sa vie unique, de la vie universelle de l'univers." Michel Henry, Philosophie et phénoménologie du corps, page 148.

Heidegger disait avec bonheur que la table ne touche pas le mur ... tout est là!

Joseph Llapasset ©

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