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LA PAIX  Niveau Classes prépas. par J. Llapasset

 

KANT, Vers la paix perpétuelle:  

III- La pensée de Kant: 
De "Il faut tenir le droit des hommes pour sacré" ... à la fin du texte.

(Éditions GF Flammarion, n°573, pages 73 et 75). Toutes nos références renvoient à cette édition. traduction J-François Poirier et Françoise Proust.

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C'est la pensée de Kant qui apparaît et le ton change

- il s'agit de limiter l'extension pour renforcer la valeur. Dans le domaine moral, l'agnosticisme de la connaissance permettait à Kant de montrer l'établissement de la liberté: il n'y a qu'un absolu, c'est l'absolu pratique. en conséquence la politique morale s'oppose au moralisme politique. 
- "Il n'y a pas de demi-mesure" , marque l'intransigeance de Kant.
- "plie le genou" signifie rendre hommage au droit qui obéit à la morale.

Problème: comment l'objectivité morale se fera-t-elle une place dans la causalité physique? 
En réponse à cette intransigeance Hegel remarquera que plus on est indifférent au cours du monde, plus le cours du monde sera indifférent à nous.

Pas de problème pour cette effectuation, car celui qui veut, celui-là peut: dans le domaine moral, il n'y a pas de question sur la possibilité. La fin de l'action c'est le respect du devoir. On agit soit dans un but intéressé, par intérêt, par sentiment, par impulsion, par habitude ou par devoir. Les états doivent agir par des principes d'action purs c'est à dire des principes moraux appliqués à la vie civile: il s'agit d'appliquer la pure exigence morale: par exemple appliquer au problème de la paix: ne faites pas la guerre et vous aurez la paix.
C'est dire que le droit doit être inconditionné, qu'il n'y a pas de conciliation possible. Noter en fin de texte le rôle attribué au temps ...

Joseph Llapasset, d'après un entretien de J. d'Hondt

  Note importante: il est donc impossible, sous peine de contresens de dire simplement et rapidement que morale renvoie ici au droit. C'est bien plutôt le droit qui renvoie à la morale, seul fondement des principes d'action, qui doivent être universels et rationnels c'est à dire objectifs. C'est que le droit véritable n'est pas le droit positif des états. Lorsque Kant parle ici des "purs principes de droit", il désigne les principes moraux appliqués à la vie civile. En disant de la vraie politique qu'elle ne doit pas faire un pas sans avoir rendu d'abord hommage à la morale, Kant veut donc signifier que c'est le devoir qui commande absolument et qui est donc à l'origine des purs principes du droit.
Notre auteur ne transige jamais avec le caractère absolu de la morale car elle est au fondement de la liberté: agir par devoir prouve notre liberté; ainsi les États doivent agir d'après ces purs principes du droit dans leurs relations entre eux. Cela les renvoie fondamentalement au devoir et non au droit, encore moins au droit positif toujours susceptible de falsification. A cette condition on obtient le politique moral.
Si on y tient absolument, on peut bien dire que Kant ne veut nullement une moralisation de la politique, il veut une conversion, au sens de la caverne: se détourner du moralisme politique pour se tourner vers le politique moral.