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Le Projet
de paix perpétuelle se présente sous la forme d'un traité
de paix: un traité , au double sens du terme, un
pacte et un exposé didactique: des articles
déclaratifs que doit comporter un véritable traité de paix
qui ne soit pas une simple et provisoire suspension de la
guerre , mais aussi un exposé didactique, un traité sur la
paix qui établisse la validité et la cohérence des
articles.
D'où la structure de l'œuvre: I- Neuf articles ; II - Leur
fondement. Voilà qui éclaire le plan de l'œuvre.
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I- Le traité de paix
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Première section:
six articles préliminaires d'où l'on pourra déduire
les divers moyens de renoncer effectivement à la
guerre.
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Deuxième section:
trois articles définitifs qui permettront de rendre nécessaire
en droit l'institution de la paix.
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II - Le traité sur la paix
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Deux annexes:
la collaboration de la nature à la paix.
La nécessité de faire appel à la philosophie.
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Deux appendices:
-Conciliation possible entre la politique et
le droit: soumission de la politique à l'impératif
universel et absolu posé par la raison pratique., pur
principe du droit..
-La publicité comme réalisation de l'universalité.
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La
première partie distingue le provisoire,
les conditions de possibilité de la paix et le définitif,
une fois la paix comme cessation de la guerre établie, rendre
impossible la reprise de la guerre: c'est l'intention
qui compte, la sincérité de la résolution.
La deuxième partie établit la validité et la vérité
des articles, en garantissant la rationalité du
discours: c'est une oeuvre de fondement dans laquelle Kant
s'appuie sur toute son oeuvre antérieure comme si toute cette
oeuvre et en particulier le criticisme était orientée vers
la paix.
Voilà
pourquoi il semble de bonne stratégie de commencer l'étude
par les deux annexes (ou suppléments) et les deux appendices
puisqu'ils donnent le sens et la justification des articles de
la première partie.
Se faisant, on reconnaît à l'auteur le souci de rigueur et
de vérité qui anime son propos: son projet revient donc à
établir que la paix n'est pas un idéal de l'imagination (il
faut prendre les premières lignes de l'œuvre comme une
boutade) mais une fin posée par la raison et du même
coup rendue possible par la raison qui, en exigeant absolument
de chacun, demande pour passer du possible au réel une
histoire autre que l'histoire naturelle, une histoire que seul
l'homme, être raisonnable sensiblement affecté, inséré
dans la nature et dans le monde intelligible, peut et doit réaliser.
Si la nature confie l'homme à la raison, si son mouvement
vers la paix n'est qu'une esquisse, c'est que, pour que la
paix soit pleinement humaine et n'exclut pas la liberté, il
faut que la politique soit autre chose qu'une réplique de la
nature, du désir, autre chose qu'une technique, l'habileté
à utiliser des déterminismes naturels. Il s'agit
d'une paix qui concilie le désir (la nature) et
l'exigence de la raison: la liberté.
Pour
concilier l'histoire et le droit il faut que la
politique soit une prudence qui rende hommage au droit. A ce
prix et à ce compte seulement, la paix devient possible. La
paix comme réconciliation de la nature et de la liberté par
la politique: un politique ayant le sens moral et
non un moraliste inféodé à la politique,
condition de possibilité de l'établissement de la paix.
L'idée d'un tel politique et d'une telle politique renvoie au
droit qui est critère: instrument de
reconnaissance, qui permet juger en dernière
instance, de valoriser, de légitimer
la politique: la liberté est ce qui donne un sens à la
politique et l'oriente vers la paix.
Kant lecteur de Rousseau: il n'y a pas de liberté sans
loi, la liberté suit le sort des lois.
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Le problème de la paix: trouver un
chemin qui ne perde jamais de vue la liberté ( le
droit) ...et le problème trouvera alors sa parfaite résolution.
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Rien d'étonnant
à ce que nous commencions notre étude par l'appendice
I- qui donne les conditions d'une conciliation entre
la pratique politique et les purs principes du droit,
universels et catégoriques
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