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Dans
un pays de liberté, de conflits et de lumière, certains
voulaient agir par le discours, d'autres par des textes:
Aristophane harmonise ces deux procédés et, à travers trois
comédies, s'engage dans une lutte pour la paix, n'hésitant
pas, au milieu des rires, à se lancer dans des harangues ,
nourries des plus profondes pensées. Réconciliant la morale
et la politique dans quelques minutes brèves mais intenses ,
il s'adresse aux spectateurs , à ses concitoyens.
Avec
intelligence et simplicité, il dit son amour de la paix dans
une terre de lumière obscurcie par des entreprises guerrières
hasardeuses, qui n'ont pas pour fin une valeur mais l'impérialisme.
Entreprises d'autant plus dangereuses qu'elles trouvent
partout des complices pour en récolter les fruits vénéneux
et qu'elles empêchent de goûter un bonheur à la portée
de tous.
=> C'est
d'abord en 425 avant JC, Les Acharniens.
La guerre n'en
continue pas moins pendant quatre longues années jusqu'à ce que la
mort débarrasse l'Attique de Cléon d'Athènes et Brasidas
de Sparte, décapitant ainsi les hommes de guerre et ouvrant les
portes de la paix.
=>
La Paix, autre comédie.
En 421 ,
La Paix précède
de peu la conclusion effective d'une paix à Nicias: c'est
donc dans l'espérance que l'auteur et les spectateurs de la comédie
peuvent enfin communier.
Et cette espérance sera exaucée pendant quelques douze
"ans" qui passent comme l'éclair tellement le bonheur dans
les plaisirs simples semble se hâter. Dès 413, les barbares menaçaient
la Grèce encore divisée, au point qu'une alliance entre eux et
Sparte semblait possible ...
=>
Lysistrata
En 411 Lysistrata
sonnait comme un dernier appel à la paix: que les femmes se
refusent aux hommes, qu'elles volent le trésor public pour que les
hommes, sans amour et sans ressources pour la guerre, se résignent à
la paix.
Mais il en fallait
plus que trois comédies pour détourner les grecs de leurs divisions
et de leurs conflits pour la première place: en 404, la guerre du Péloponnèse
laisse Athènes étourdie, exsangue, et Aristophane quelque peu désabusé
des effets de l'art engagé ...
La clarté et la simplicité de la pensée d'Aristophane ne doit pas
nous faire mépriser la profondeurs des idées professées.
Ce petit tableau a
pour but de vous guider (connaître c'est reconnaître) dans votre
lecture. Il résume quelques idées qui se retrouvent dans ces trois
comédies et en particulier dans celle qui est à votre programme,
La Paix.
| La guerre |
De grands effets pour des
causes insignifiantes et ridicules. |
| La guerre |
Un combat de coqs qui désole
les poules. |
| La guerre |
Elle profite à un petit
nombre qui se cache et n'apparaît, pour se plaindre, que
lorsque la paix fait disparaître leurs revenus. (lire dans La
paix, page 345 à 347) |
| La paix |
Bonheur sensible, boire,
manger, exercice de l'amour. (lire dans La paix, page
343, page 351 "Grande et grosse est celle du mari,
douce est celle de la femme") |
| La paix |
Conquise par un effort de
tous. (lire dans La paix, page 317) |
| La paix |
Un égoïsme , un plaisir
partagé. (lire dans La paix, page 343 |
| La paix |
En dépit de la culture.
(lire dans La paix, page 348-349) |
L'art d'Aristophane
élève des oeuvres de circonstances à l'universalité de l'œuvre
belle. C'est ainsi que La Paix
connut ses plus grands succès contemporains en 1939 ... et à la fin
de la guerre d'Algérie.
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