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Aides à la dissertation sous forme d'esquisses 

Niveau classes prépas - Colles et Dissertations par J. Llapasset

S'interroger (colle en prépas)

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Rappelons que nous vous proposons des pistes: vous avez à choisir, à reprendre tel ou tel aspect, en pensant par vous même, sous le regard de tous, en vous détournant de l'opinion particulière pour vous tourner vers une pensée universelle que vous aurez produite. L'opinion est de l'ordre du contingent, du devenir, la pensée est de l'ordre du nécessaire, ou du moins de l'universel qu'elle vise.

Comment définir un acte de liberté?

- Qu'est-ce qu'interroger? On interroge une personne ou une chose. Celui qui interroge réclame ce qui lui est dû à quelqu'un en le questionnant.
- Mais s'interroger c'est se questionner dans l'intimité de soi, se poser des questions auxquelles on va tenter de répondre soi-même, comme si on se devait de répondre, car dignité oblige.

Nous sommes à au plus près de la fine point de l'âme qui se prépare à dialoguer avec elle même.
- Étonnement et perplexité; l'oeuf, la poule, l'oeuf: une poule qui s'interrogerait devant un oeuf, sur son origine et sur sa destination en posant la question: l'oeuf me précède-t-il ou me succède-t-il serait plongée dans la perplexité. Cf. le film Chicken run.

- Sur la blanche page, le verbe s'interroger, dans sa solitude, dans son désert nous étonne, nous inquiète peut-être et en tout cas nous laisse perplexe et bien conscient de cette perplexité.

- Nous voilà tout prêt de nous interroger sur ce que cela est s'interroger et aussi sur les problèmes que cela soulève.

Reste qu'il s'agit bien d'une question qui précède la réponse comme si le même pouvait interroger et répondre! Si c'est le même qui peut répondre, n'est-ce pas qu'il sait et donc, à quoi bon interroger si on connaît la réponse...(rôle du doute)

- Je comprenais , plus haut, très bien ce qu'est interroger quelqu'un, c'est poser une question en attendant une réponse. Habileté diabolique? Aliénation? Celui qui sait interroger provoque ce que sera la réponse d'un enfant, suscite la récitation d'un savoir convenu chez un élève, met à la question le prisonnier qui, n'en doutons pas, dira n'importe quoi et pas nécessairement ce qu'on attend de lui. La torture est plus une épreuve d'endurance qu'une épreuve de vérité remarquait déjà Montaigne. En ce sens interroger est un déni de liberté au point que des moralistes nous assurent qu'à toute question indiscrète, il est légitime  de répondre par un mensonge.

=> S'interroger c'est tout autre chose car on peut déjà dire ce que Saint Augustin disait du temps: si on ne me le demande pas, je sais ce que c'est, s'interroger, si on me le demande, je suis embarrassé et je découvre que je ne sais plus ce que je croyais savoir avant de l'avoir formulé.
- Ce qui est certain c'est que je suis étonné par un tel sujet. Me demande-t-on une réponse, ou de m'interroger sur ce que c'est de m'interroger? Pourrait-il y avoir une pensée de la pensée?  Comment peut-on penser l'acte de penser, si s'interroger est le premier moment d'un acte de penser et peut être le tout d'un acte de penser dans la mesure où celui qui saurait interroger, du même coup saurait répondre...
- Ce qui est certain c'est que de l'étonnement, je suis passé à la perplexité dans le doute de la pensée Et donc en marge de ce qu'on appelle penser?

=> Il faut donc s'interroger sur ce que c'est que s'interroger: l'embarras dans lequel je me trouve, le savoir qui me manque, creuse un désir de vérité c'est à dire de produire devant vos esprits une idée, la forme intellectuelle de cet objet qui m'est proposé comme sujet: s'interroger.
Je suis orienté vers l'âme et son intériorité, cette balance intérieure propre à chaque personne sans laquelle sa liberté ne peut être pensée, comme si l'essence de la pensée c'était la liberté de douter et donc s'interroger pour répondre par soi même.

Le problème n'est-il pas qu'il est impossible de donner une idée d'un acte qui n'a pas d'essence: un acte s'accomplit.
On comprend que dans un tel sujet l'enjeu est la liberté.

=> Quelques pistes:
Ici, pour votre plan, la voie royale sera le plan analytique par approfondissement progressif et détermination progressive du concept.
- La conscience de soi comme confiance en soi qui s'affirme et se réfléchit dans l'intériorité au point d'avoir l'ambition de penser par soi même.
- Platon: la pensée comme dialogue intérieur; c'est le même qui sait interroger et qui sait répondre.
- Platon: la réminiscence au fondement de l'interrogation et de la réponse que l'on donne, c'est à dire le retour à l'esprit du savoir des idées contemplées dans le monde intelligible. ( Phèdre, 294, Ménon, 81)
- Socrate, la maïeutique: c'est toi qui le diras, pour ne pas dire c'est toi qui le trouveras.
- Les idées ne se forment-elles pas dans le dialogue?

=> Vers une solution: Pourquoi chercher à penser la pensée?

Par un acte?
En l'accomplissant, en s'interrogeant? 
Limites de la dialectique: Socrate ne pense-t-il pas tout seul, en réalité. Après tout, c'est lui qui souffle la solution du problème à l'esclave de Ménon.

 La dialectique est toujours déjà commencée, on la prend en route, et elle continue toujours car il y a un "petit quelque chose" qui la fait rebondir comme si le mouvement de la pensée, l'exercice de la balance intérieure était un mouvement perpétuel: douter de l'opinion, s'interroger, répondre, douter de la réponse: l'esprit toujours présent.

Bonne continuation

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