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Rappelons que nous vous proposons des pistes: vous avez à choisir, à reprendre tel ou tel aspect, en pensant par vous même, sous le regard de tous, en vous détournant de l'opinion particulière pour vous tourner vers une pensée universelle que vous aurez produite. L'opinion est de l'ordre du contingent, du devenir, la pensée est de l'ordre du nécessaire, ou du moins de l'universel qu'elle vise. 

Pour la troisième partie - la constitution de l'éthique comme une rationalité de l'action: distinguer les anciens et les modernes.

  • Aristote: si l'éthique comporte une logique de l'action, elle ne se définit pas comme une logique de l'action.

L'éthique porte sur le logos de la praxis: il y a plusieurs sens de ce logos: le logos c'est une raison mathématique. Or toute vertu se définit comme juste milieu. C'est au moyen d'un terme mathématique qu'il définit la vertu. Il y a une rationalité des genres de conduites qui permet de mettre en ordre la pratique des hommes. En fin de compte les activités des hommes sont à référer à un ordre total de la nature. L'homme étant un être de la nature dont la finalité est de réaliser sa propre nature: L'action a à réaliser cette rationalité.

  • Quelle que soit la conception que l'on ait de l'éthique, elle doit satisfaire à certaines conditions qui ne relèvent pas d'une simple logique de l'action. Il y a une spécificité de l'acte et du discours éthique: la voilà: la fin est cherchée pour elle-même.

  • Chez les anciens, quand on parle du devoir on parle du convenable: 

En éthique, il faut un critère, la considération de la norme ou de la loi, et la logique ne nous fournit pas un critère pour juger des actions mais simplement pour juger de la cohérence d'un discours. Le critère d'universalisation donné par Kant est un critère négatif:(il exclut, pas de contenu, une forme) 
les deux critères, universalisation et prendre l'humanité comme fin se correspondent: ma maxime est universalisable parce que j'ai présupposé que si c'est universalisable  , c'est l'humanité comme fin en soi qui est visée. L'universel est donc signe d'autre chose que de  lui même, universaliser c'est prendre l'humanité comme fin.

Il n'y a rien d'impératif qui renvoie à quelque chose d'absolu, qui commanderait catégoriquement: le convenable c'est de trouver et d'actualiser une place qui convient, que la nature a attribuée . On accomplit son devoir si on est dans le plan que la  nature a attribué, dans un rapport à l'être. A partir du moment où l'on situe l'homme par rapport au cosmos, la question éthique se traite comme une simple question: on a à être ce qu'on est déjà, plutôt que ce qu'on doit être.
Réalisation de soi = finalité préexistante en chacun.

Au contraire:
Norme = pas de finalité avant que l'on ait posé cette finalité: on se donne soi même des points de repères. Entre la réalisation de soi et la norme il y a toute la différence entre les anciens et les modernes (Hobbes: l'ordre (norme) est suspendu au vouloir initial et avant la volonté commune il n'y a rien)

On  retrouve chez des poètes la vision des anciens: on a à être ce qu'on est déjà suivant l'ordre esquissé par la nature: 
Victor Hugo, 
Césaire Daugé
(
*ce lien est en ouverture nouvelle fenêtre)

Chez les anciens le monde éthique n'est pas coupé du monde physique. On distinguera la loi et la norme. Par exemple chez Montesquieu, la loi est la raison du grand Jupiter, c'est la raison du monde. Au contraire la norme marque une rupture : il n'y a plus préalablement à l'homme un ordre: la norme est un impératif formulé par une volonté qui commande à tout homme de se conduire. (revoir dans l'introduction à L'Esprit de lois l'importance que Montesquieu donne au convenable, dans une acceptions très antiques)

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