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Aides à la dissertation sous forme d'esquisses 

Niveau classes prépas - Colles et Dissertations par J. Llapasset

La critique et la crise

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Rappelons que nous vous proposons des pistes: vous avez à choisir, à reprendre tel ou tel aspect, en pensant par vous même, sous le regard de tous, en vous détournant de l'opinion particulière pour vous tourner vers une pensée universelle que vous aurez produite. L'opinion est de l'ordre du contingent, du devenir, la pensée est de l'ordre du nécessaire, ou du moins de l'universel qu'elle vise.

Ce sera plus clair, pour découvrir le mouvement du devoir de prendre pour exemple une dualité dont vous connaissez le sens des termes:
Imaginez que vous ayez: le rationnel et le raisonnable. L'origine de ces mots est la même, la raison. Vous avez à déterminer leur rapport. Mais pour cela il est bon de cerner leur essence, leur idée si vous préférez et  leur fonction propre.

La critique c'est l'acte de juger comme décisif. La crise c'est le lieu ou le moment où s'effectue la décision du choix: c'est difficile, ça ne pouvait plus continuer comme avant.

 

la critique

C'est un acte de l'esprit qui sépare ce qui mérite d'être affirmé et met en doute la prétention de ce qui se déploie au delà de son domaine d'application et donc ne mérite pas d'être affirmé.
=> Critique de la Raison pure de Kant.

la crise

C'est une manifestation aiguë d'un désordre.
D'abord la phase d'une maladie où tout se décide... La survie ou la mort.
Ensuite, le terme désigne un conflit, une rupture d'équilibre, vers un changement décisif.
Ce peut être la contestation ou la défense des valeurs que certains jugent périmées et d'autre défendent comme nécessaire à l'accomplissement de l'homme. Pour Nietzsche ce sera la crise des valeurs au XIX ème siècle et la nécessité d'une transmutation des valeurs.

Quelques pistes pour le mouvement du devoir

1- Pour les rapprocher.
Même origine: krinein = juger comme décisif. 
Dans les deux cas, il s'agit de ce qui se décide, d'un choix. 
Dans les deux cas, la fonction est la même: ce qui annonce et ce qui prépare un progrès.

2- Pour les distinguer.
La critique est de l'ordre de l'acte d'un esprit qui doute avant d'affirmer, la crise concerne plutôt la passion: en effet la critique s'exerce librement en fonction de l'ordre des raisons. 
Par exemple, on juge la raison pure, on détermine son domaine d'application et le domaine où ses efforts ne peuvent être que vains.

- La crise est au contraire un affrontement dans la mêlée, une opposition qui porte un devenir. Elle est en partie subie comme si l'homme était entraîné dans un flux, à la manière de l'adolescent avec sa crise d'originalité.
- La critique est donc de l'ordre de la liberté de l'esprit. Son domaine est théorique: elle est contemplation: l'esprit doute, affirme ce qui est fondé grâce à une inspection de l'essence et donc des possibilités d'une chose. Elle ne dissout que l'opinion; l'opinion qui se prend pour de la science.
- La crise est de l'ordre du pratique, de ce qui se vit.

3 - Leur rapport:
Ne peut-on pas dire que la critique et la crise sont indissociables? Elles peuvent s'appuyer mutuellement. Cette collaboration est facteur de progrès. Une crise qui ne serait pas précédée et accompagnée de la critique serait-elle pleinement une crise? Une critique qui ne s'exercerait pas au contact  d'une crise serait-elle pleinement une critique. Ne peut-on pas dire qu'une dialectique est nécessaire? 
Après tout, toute idée est action et comment ne pas agir dans une crise. Dans sa conférence, La crise de la conscience européenne, Husserl en déterminant ce qui se passe, la réalité contemporaine, n'agit-il pas par l'idée développée dans sa conférence.

 Bonne continuation