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Aides à la dissertation sous forme d'esquisses 

Niveau classes prépas - Colles et Dissertations par J. Llapasset

Correction et redressement

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Rappelons que nous vous proposons des pistes: vous avez à choisir, à reprendre tel ou tel aspect, en pensant par vous même, sous le regard de tous, en vous détournant de l'opinion particulière pour vous tourner vers une pensée universelle que vous aurez produite. L'opinion est de l'ordre du contingent, du devenir, la pensée est de l'ordre du nécessaire, ou du moins de l'universel qu'elle vise.

= En apparence, quand il s'agit de chiffres ou d'objets, il n'y a pas de problème: on corrige, puis on redresse. Par exemple, une erreur bancaire peut être corrigée et le redressement effectué en envoyant au client ce qui lui est dû, en effectuant une compensation: on vous a enlevé, à tort, cette somme, nous corrigeons nos écritures et nous compensons en vous virant, ce jour, cette somme. Pas de problème parce qu'il s'agit d'une erreur et non d'une faute.
Mais un être humain n'est pas une chose comme les autres: c'est un être raisonnable sensiblement affecté, il a des besoins, il a des désirs, il peut se tromper, il peut commettre des fautes ou des actions illicites, parce qu'il a cette dignité que confère la loi morale. Alors se pose le problème non seulement du passage de la correction au redressement, mais encore de l'ajustement de la correction et de la possibilité d'un redressement (= compensation) si la victime a disparu (comment donner une compensation à une victime qui est décédée?).
De plus, l'homme est un être historique, temporel, qui peut changer, qui de part sa liberté peut se choisir, en choisissant de suivre le meilleur de lui même, grâce à sa conscience réfléchie et à sa conscience morale. Il est impossible de le fixer définitivement dans un jugement déterminant. S'il est possible de rectifier une erreur dans une écriture et de la compenser, comment sera-t-il possible de le faire lorsqu'il s'agit d'une personne, toujours de se redresser, de se relever?
Le risque dans ce sujet est dans le choix du thème de référence. Mais, pour un prépas qui a La justice comme thème, le choix s'impose.

Le thème: la justice.
La problématique: comment infliger une punition, provoquer une souffrance qui amènerait le condamné à se relever et, par lui même, à ne plus commettre de délits?
Vous devez conduire l'auditoire au problème et formuler clairement le problème: si je fais subir une passion, comment, de cette souffrance,puis-je attendre que le condamné agisse?

Correction: désigne l'action ou le résultat de l'action de "corriger".
Corriger a un complément d'objet direct, ce qui supporte l'action: c'est d'abord ramener à la règle ceux qui s'en écartent, rendre meilleur en supprimant les fautes, puis le caractère catégorique de l'action de corriger s'impose; il s'agit de faire disparaître par la force, de biffer, de ramener à la mesure par une action qui provoque une souffrance (une bonne correction...) chez celui sur lequel elle porte: battre, s'il le faut.

Remarquons au passage que le souvenir de la correction disparaît et que chacun peut se dire, pour la prochaine fois: j'y échapperai," pas vu, pas pris."

- En fait on a traité le condamné comme un objet capable de sentir, comme un moyen.
La correction consiste à éradiquer par un châtiment, à rendre "exact" un objet.

Redressement. Dans la mesure où c'est l'action de se mettre debout, on comprend que c'est l'être raisonnable qui peut se redresser: on pensera alors à la réorientation d'une force et aux diverses techniques (éducation ...) qui permettront à quelqu'un de se relever, de se rétablir dans sa dignité et son autonomie.
Dans le redressement, on ne perd jamais de vue la dignité de la personne et le respect qu'elle mérite.
A l'horizon du redressement il y a toujours la libération et l'espérance que l'autonomie sera retrouvée et qu'il n'y aura pas de récidive. Le sujet est alors l'horizon proposé au condamné.

Correction et Redressement.
-
Dans les deux cas, il s'agit de rétablir un état qui a été perdu.
- Mais ce qui diffère radicalement c'est la fin, ce sont les moyens et la manière dont l'objet est considéré:

  • dans la correction il s'agit de dresser le condamné, comme un animal et de monter des mécanismes, des réflexes par la souffrance et par la peur.

  • dans la redressement on considère le condamné comme un être raisonnable sensiblement affecté qui doit apprendre à obéir à la raison, qui doit devenir un sujet.

On peut toujours dire que puisque l'homme est un être raisonnable sensiblement affecté, la punition la mieux ajustée sera une correction et un redressement. Encore faut-il concevoir comment passer de l'un à l'autre.
Remarquons le risque que prennent les représentants du peuple, le risque de la récidive et de nouvelles victimes( dans le peuple)  pour lesquelles, on ne peut plus rien faire.

Mesurons l'enjeu: c'est la conception de la justice: l'application d'un jugement au nom duquel s'exercera la correction ou le redressement, deux sortes de punitions bien différentes. 
Cela nous amène à nous demander:
- Quel regard portons-nous sur nous même et sur les autres?

Vers la justice : http://www.philagora.net/ph-prepa/la-justice/index.php 

Bonne continuation