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- Ce
parallèle que Chateaubriand avait cherché en vain dans la
comparaison des révolutions se déroule pourtant entre le fil
de sa vie et le fil du devenir historique qu'il a vécu: il y
a la même constance de la fragmentation seule source de
signification, comme si les deux fils parallèles
s'accordaient, celui du devenir historique, de la succession
des périodes, et celui de son devenir personnel. C'est par la
médiation de sa propre vie qu'il pensera l'histoire et qu'il
pourra l'écrire.
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"Je
représenterais dans ma
personne, représentée dans ma mémoire, les
principes, les idées, les événements, les
catastrophes de mon temps."
Chateaubriand,
Mémoires d'outre-tombe, Textes complémentaires,
page 758. |
Cela
lui permet de dire avec assurance:
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"Ici
je vous transcrirai deux pages de la vie du Duc de
Berry, c'est toujours vous raconter les
miennes."
Chateaubriand,
Mémoires d'outre-tombe, Livre IX, 3. |
Au
livre XXXVII, on pourra lire:
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"Les
enchaînements de l'histoire se
présentaient à ma mémoire en s'identifiant aux
souvenirs de ma propre
destinée." |
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Où
Chateaubriand trouve-t-il l'intelligence de l'histoire?
Dans le Sujet qu'il est, déchiré entre l'avant et
l'après, entre ce passé qui est sa chair d'hier et ce
présent qui est sa chair du maintenant, toujours en train
de se perdre comme s'il mourait à soi, et de se
retrouver, glissant au sein d'une continuelle
fragmentation. |
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Ce
sujet qui souffre une mort sans cesse recommencée, à l'image
du devenir historique dans lequel il est immergé, plonge en
lui pour accéder à l'intelligence de l'histoire, pour la
penser et l'écrire, accomplissant ainsi le retour réflexif
sur le moi et sur le monde historique que doit accomplir tout
acte de philosopher.
Joseph
Llapasset
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