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PHILOSOPHIE - CLASSES PREPAS par J. Llapasset

Penser l'histoire

Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe.
  • Penser l'histoire c'est donc agir, gagner une victoire sur la relativité, sur la mort.
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S'il est vain de chercher dans le devenir même l'absolu, ce qui a sa raison d'être en soi, il faut chercher l'intelligibilité de l'absolu dans une sorte de cocher divin que Chateaubriand appelle Providence, et que Hegel appelle Raison dans l'histoire. Penser l'histoire sous la catégorie de la Providence divine c'est du même coup combler ce désir d'être fondé qui hante l'individu. Un système relatif ne pouvant se fonder lui même rationnellement, il faut se tourner vers un absolu fondé en lui même: ce qui a sa raison d'être en soi. Reste que, l'existence ne se déduisant pas, c'est l'objection majeure à toute pensée de l'histoire.

Penser l'histoire c'est donc agir, gagner une victoire sur la relativité, sur la mort, en arrachant quelque chose au passé par une oeuvre qui défie la disparition car elle rayonnera d'Outre-tombe, pour ainsi dire en sortant de la tombe comme le bras de Rousseau tenant un flambeau sort de la tombe au Panthéon.

Dans tous les cas il s'agit de sauver quelque chose de vivant comme si on ne mourrait pas, on passait simplement du devenir temporel à l'éternité. 

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Il s'agit d'exorciser la condition humaine qui fait que tous les jours sont des adieux, t ce faisant de rétablir la rationalité.

La mémoire n'est donc qu'un instrument, alors que c'est la pensée de l'histoire qui sauve le vivant: on ne meurt pas. Cela est élevé au rang de paradigme parce que le devenir d'un individu épouse l'histoire de l'humanité:
"Le sort des hommes, la destruction des empires, les desseins de la providence se présentaient à ma mémoire en s'identifiant aux souvenirs de ma propre destinée."

La fin d'une vie échappe au temps individuel pour devenir une grande date du destin de l'humanité. Penser l'histoire pour l'auteur des Mémoires c'est la penser comme une grande fresque peinte par un Dieu qui a besoin des hommes. Ainsi l'auteur, inspiré par le thème de la mort, nous peint un confluent, une conjonction grandiose de son destin personnel et du destin du monde. L'aurore d'une éternité où est enfin abolie cette distinction du passé, du présent et de l'avenir, dont nous souffrons tous.

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