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- MÉDECINE - par Joseph Llapasset

(Sciences Humaines et Sociales - S H S)

Normativité médicale, normativité sociale 
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Le groupe social

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C'est une figure de la sociabilité, il émane de la manière dont les individus se choisissent spontanément ou de manière réfléchie, de la manière dont les individus sont reliés entre eux , chacun ayant en face de lui tous les autres, chacun étant autrui pour les autres. Ceci revient à dire que chacun est lié à un tout fantasmatique 'créé par leur imagination), ou encore à l'autrui-généralisé: l'équipe, la communauté, la bande ...

  Le groupe social est donc une sorte de communauté organisée au sein d'une grande société à laquelle d'une part on ne saurait le réduire, mais de laquelle, d'autre part, elle ne saurait être coupée ne serait-ce que parce que le groupe social primaire est inséré dans une société dont il utilise la langue et dont il reçoit la loi dans toutes les actions qui ne sont pas privées.
Reste que le groupe social a sa vie propre (repas en commun.. réveillon partagé..) née de l'intersubjectivité, des relations d'êtres humains à être humains, grâce auquel un "nous" se constitue qui devient le pôle de référence et d'appartenance par lequel le soi se constitue jusque dans sont identité personnelle même: n'entend-on pas le "je" dire: je suis médecin, je suis spécialiste ... On voit que le "je" se réfère au groupe dans lequel il s'inscrit par ses choix antécédents et dont il tire son identité, et par lequel il se structure en assurant des comportements orientés par les activités spécifiques du groupe auquel il se réfère...

Cela permet aux membres du groupe de se désigner de se situer dans un rôle et selon une règle du jeu par laquelle le "je" reçoit un rôle: le rôle finit par devenir une conséquence du "nous" référent. Cela jusque sur le plan de la pensée !
La pensée est un dialogue intérieur, dans lequel l'interlocuteur est successivement les autres avec lesquels on dialogue. Chacun doit donc pouvoir jouer, dans le dialogue intérieur qu'est la pensée, son rôle et tous les autres rôles, sinon la pensée serait tautologie: il doit d'abord pouvoir être celui qui interroge, puis celui qui répond, puis celui qui objecte... C'est ainsi qu'il pense devant tous les membres du groupe et grâce à tous les membres du groupe puisqu'il les connaît bien, si dans l'amitié il n'y a pas de masque, si on peut enfin être soi même.

En toute pensée il y a donc autrui-généralisé, autrement dit toute pensée vise l'universel parce que le dialogue intérieur a en fait pour interlocuteur tous les autres membres du groupe devant qui  on et avec qui on parle. Chacun par un effort d'introspection se verra en train de préparer ce qu'il va raconter, lundi matin, à son groupe social,de simuler  les objections qu'on lui fera et ce qu'il répondra à ces objections. Dans ce dialogue intérieur, il cherchera d'abord ce qui sera acceptable par tout individu intelligent et donc il pensera.

  L'individuel s'inscrit dans le discours selon la dimension toujours latente, qui ne le quitte pas , du "nous" même si cela n'enlève rien à sa créativité et à la singularité qu'il doit au devenir passé qui a contribué à le faire ce qu'il est. Il faudrait prendre en considération la relation au père et à la mère qu'il transporte partout et en particulier dans le groupe social. On entend, par exemple, mon père qui était médecin ... Mes parents qui étaient enseignants ... et chacun d'écouter ce qu'il connaît déjà.
Enfin, dégageons deux caractères qui intéressent les groupes sociaux, singulièrement en médecine:
- Les relations sociales sont proportionnelles à l'ascension dans l'échelle sociale: qui se ressemble s'assemble. On dira que les médecins ont leurs pairs.
- Les relations sociales s'enracinent dans des contextes sociaux déterminés: métier, classes sociales, loisirs.

 Même si dans un groupe social médical chacun a son rôle, il peut prendre le rôle des autres, assumer leurs attitudes. Par exemple, dans la page suivante on verra dans l'exemple concret donné que le généraliste est le leader, le roi du jeu de cartes, que le spécialiste est la grosse tête, l'as du jeu de carte ... etc

 

Joseph Llapasset ©

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