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- MÉDECINE - par Joseph Llapasset

(Sciences Humaines et Sociales - S H S)

La psychologie médicale 

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La psychologie - Corps et émotions

Phase initiale

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Il est évident que la relation corps et émotions s'impose du fait que la phase initiale de toute émotion se manifeste comme choc émotionnel dont l'aspect le plus incontestable est celui d'un phénomène corporel observable et le plus souvent mesurable.

Considérons ce tableau:

chocs émotionnels légers - Rougeur (vasodilatation)
- Accélération de la respiration
- Contraction de l'estomac
chocs émotionnels brutaux et forts - Pâleur (vasoconstriction)
- Accélération du coeur ou ralentissement
- Respiration accélérée ou arrêtée (pas longtemps...)

 Tous ces effets s'accompagnent évidemment de sécrétions endocriniennes dont le rôle ne saurait être négligé (conditions ou causes des effets).
Il s'agit le plus souvent du dérèglement d'un rythme, de la rupture d'une continuité.
"L'agitation motrice ... est prise dans la masse du trouble viscéral ..." Ricoeur, philosophie de la volonté, I, page 295

Dans cette perspective, on comprendra mieux la théorie de William James que l'on peut résumer ainsi: émotion = conscience des troubles organiques qui l'accompagnent. 

Dans La théorie de l'émotion de William James, Alcan, 1903, pages 60 et 61, on peut lire "Ma théorie ... est que les changements corporels suivent immédiatement la perception du fait excitant, et que le sentiment que nous avons de ces changements à mesure qu'ils se produisent, c'est l'"émotion... L'assertion la plus rationnelle est que nous sommes affligés parce que nous pleurons, irrités parce que nous frappons, effrayés parce que nous tremblons et non pas que nous pleurons, frappons ou tremblons parce que nous sommes affligés, irrités ou effrayés... Sans les états corporels qui la suivent la perception aurait une forme purement cognitive, pâle, décolorée, elle serait sans chaleur émotionnelle. Nous pourrions alors voir l'ours et trouver à propos de nous enfuir, recevoir l'insulte et juger bon de frapper, mais nous n'éprouverions réellement ni frayeur ni colère."

Il faut reconnaître que cette théorie paraît expliquer le choc émotionnel. Pour l'opinion, le sens commun, il y a d'abord une idée ou une perception, ensuite l'émotion et enfin l'expression de l'émotion. Pour William James, l'expression corporelle de l'émotion précède ou accompagne l'émotion proprement dite. (Même point de vue chez Lange). Si on veut , on dira que la mère qui entend une mauvaise nouvelle: votre fils est mort, ne pleure pas parce qu'elle a du chagrin mais qu'elle a du chagrin parce qu'elle pleure, parce qu'elle a des réactions motrices et viscérales et que l'émotion n'est que la conscience de ces réactions. Reste à savoir si cela est vraiment une caricature ou s'il y a une certaine vérité de la théorie.

 

Joseph Llapasset ©

 Vers Adieu définitif au dualisme. La conduite émotive

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