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 Rubrique Épistémologie

Rubrique épistémologie

Épistémologie: les conditions, la valeur, les limites de la connaissance humaine

Jules Lachelier

Le pari de Pascal

plan et p-1p-2p-3p-4p-5p-6p-7p-8p-9 | p-10

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A : L'argumentation de Pascal

  • 3- Question de principe: quand avons-nous intérêt à parier?

  

"Voyons. Puisqu'il y a pareil hasard de gain et de perte, si vous n'aviez qu'à gagner deux vies pour une, vous pourriez encore gager. Mais s'il y en avait trois à gagner,  il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer), et vous seriez imprudent, lorsque vous êtes forcé à jouer, de ne pas hasarder votre vie pour en gagner trois à un jeu où il y a pareil hasard de perte et de gain."

Ces deux ou trois vies sont, je pense, deux ou trois vies semblables en tout à la nôtre et qui ne feraient que la prolonger: il ne s'agit encore ici pour Pascal que de durée. et non de bonheur. - "Il faudrait jouer (puisque vous êtes dans la nécessité de jouer)."  Expression négligée, mais facile à expliquer. Jouer signifie, la première fois, parier que Dieu est; la seconde, parier dans un sens ou dans l'autre. -Pascal, supposant toujours "pareil hasard de gain et de perte", nous place successivement dans deux hypothèses. S'il y avait, dit-il, deux vies à gagner pour une, nous pourrions parier s'il y en avait trois, nous le devrions.

M. Havet blâme cette manière de compter et trouve que nous devrions déjà jouer une vie pour en gagner deux. Mais deux vies à gagner, avec une chance sur deux de les gagner, en valent exactement une. Supposons que ces deux vies soient un lot, et la nôtre, le prit d'un billet: nous échangerons, en prenant ce billet, une valeur égale contre une valeur égale: nous pouvons donc le prendre, sans y avoir cependant aucun intérêt.

Mais trois vies à gagner, avec une chance de gain sur deux, en valent une et demie si donc nous ne payons que d'une vie le billet qui peut nous en faire gagner trois, nous serons plus riches de la moitié d'une en prenant ce billet qu'en ne le prenant pas nous avons donc un intérêt évident à le prendre. Le calcul est irréprochable mais où Pascal veut-il en venir avec ses hypothèses ?

 


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