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° Rubrique Droit et Justice 

DROIT et JUSTICE par Jean Jacques SARFATI 

Le rôle créateur de l'Exception en Droit chez Platon 

dans "Les Lois", "La République" et "Le Politique"

Pages: 1 - - - - - - 7  - - 9 - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 
(16 bibliographie)

   jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr

Philagora tous droits réservés

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La problématique  posée dans «La République»

«La République» est «commandée» par un clivage continuel entre la figure de l’idéal et celle du réel. Du « coté du réel »,  Thrasymarque  qui considère que l’homme juste est souvent « abusé » et que seul l’homme fort peut gouverner car lui « sait engraisser les moutons pour son propre bien »( Rep. 345c) alors que Socrate présente la figure de l’homme idéal qui évoque les « hommes de bien » qui ne veulent « gouverner ni pour les richesses, ni pour les honneurs »(Rep. 346 d.)

Du coté de l’idéal, le livre IV pose la cité souhaitée où « s‘établit un parfait accord entre les trois éléments …et les liant ensemble ils deviennent de multiples qu’ils étaient absolument un » (Rep. 443d). Mais cette cité advient rarement car, pour gouverner le philosophe doit «  se rebeller contre les avis du plus grand nombre et résister à l’éducation des sophistes »(Rep. 492c).

Ce divorce et cette rareté créent le tragique. Car le commun a le nombre pour lui alors que l’excellence ne dispose que du savoir. Or le commun veut tout et tout de suite. Il exige que l‘on change les lois, que l’on tienne compte de sa situation. Il réclame du « spécial », de l’évolution rapide, des « changements ».

Ceux qui le gouvernent par la force et ignorent ses demandes, finissent par s’ignorer eux-mêmes. Quant à ceux qui l’écoutent, ils obtiennent la paix pour un moment mais oeuvrent contre eux-mêmes et contre l’ensemble. Car ils en viennent à ignorer l’unité de la cité et à créer  un droit émietté. La désunion  provoque la discorde et détruit ce qu’il y a de plus excellent en elle : le philosophe est condamné à l’exil ou au silence et ce silence et cet exil  plongent de plus en plus le groupe dans l’ignorance et à l’intérieur de ce qu’il y a de plus bas en elle ; le cercle vicieux s’installe alors.( Rep. Livre VIII)

Alors que faire? L’homme «rare» ou d’exception doit-il chercher à «gouverner ses semblables» et les contraindre à voir le vrai. Mais s’il le fait il sera «moqué au pire assassiné» (Rep. 516b). Doit-il se renfermer dans son silence? Mais pour Platon, il faut se « garder de leur permettre ce qu’on leur permet aujourd’hui…De rester là-haut…de refuser de descendre parmi les prisonniers et de partager avec eux travaux et honneurs quel que soit le cas qu’on en doive faire… » (Rep. 519c).

Alors que faire : faut-il les contraindre à se mêler au commun et ainsi faire leur malheur, malgré eux ? Platon répond finalement que l’homme rare n’a pas d’obligation s’il s’est formé par lui-même, l’obligation de « redescendre dans la caverne » survient lorsqu’il se trouve dans la cité idéale car ici « il pourra parfaitement faire en sorte de relier chaque image à une essence et sera habitué aux ténèbres… » (Rep.520c).

Mais lorsque le philosophe déserte la cité l’injustice gouverne car ce qui est « de race royal » est gouverné par « ce qui est le plus grand nombre en nous ». (Rep. 444 d) . Au mieux c’est au poète, à une « théatrocratie » qu’il faut abandonner le pouvoir et se résoudre à cette vie de mensonge car le poète est « éloigné de trois degrés du roi et de la vérité ». (Rep. 597c).

La République ne propose donc aucune solution acceptable au drame qu‘elle développe ; survient alors «Le Politique».

Vers 10 La solution «esquissée» dans le «Politique»

 

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Copyright Jean Jacques SARFATI jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr professeur de philosophie en région parisienne, juriste et ancien avocat à la cour d'Appel de Paris

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