° Rubrique Droit et Justice 

DROIT et JUSTICE par Jean Jacques SARFATI 

Le rôle créateur de l'Exception en Droit chez Platon 

dans "Les Lois", "La République" et "Le Politique"

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(16 bibliographie)

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C’est également le politique mais également, le législateur, véritable créateur de la loi qui doit régir la cité adéquate qui est lui-même quasi-divin ou à tout le moins semble être « le traducteur de la volonté des Dieux ». (24)

Pour Platon, en effet « la législation doit sa légitimité à son origine…l’unité principielle que connaissent les très rares hommes que sont le philosophe-roi de la République, le royal tisserand de la politique et le législateur des lois…(Mais) l’homme aussi doué soit-il reste un intermédiaire, un passage, il n’est jamais le fondement, jamais créateur… » (25)

En conséquence cette rareté de l’homme qui doit créer la loi s’explique par le caractère exceptionnel du lien qu’il entretient avec la transcendance, mais également de la juste éducation qu’il a reçue et qui n’est vraiment adéquate que lorsqu’elle est inspirée par la divinité. (26)

Ce statut d’excellence lui vient sans doute de cette inspiration mais également d’une qualité rare qui est en lui : celle qui consiste à connaître « les articulations naturelles » et qui l’autorise « dans l’ordre des essences à connaître leur multiplicité pour les ramener à l’unité principielle qui est leur origine…(27) ».Mais l’homme d’exception est celui qui a également, comme nous le rappelle Gadamer, réussit à vaincre en lui les tentations « de l’envie, la malveillance ou la jalousie… » (28)

L’envie et la malveillance ne sont le fruit que de ce qui est « commun » et « bas » en nous or lorsque la bassesse domine, les hommes s‘enfoncent de plus en plus dans la perversité, l‘excès et le droit perd toute droiture pour devenir source de discorde et d‘injustice au sein de la cité.

Pour cette raison, il semble que pour Platon l’excellence seule se doive de créer le droit afin que celui-ci reste droit. En conséquence, si Platon rejette l’exception phénoménale, il pense au contraire que l‘exception doit créer le droit lorsqu’elle est marque de l’excellence.

L’exception présente donc deux aspects et la position de l’auteur de la République à l’égard de chacune d’elle semble duale: rejet d‘un côté et acceptation de l’autre. Mais que cache cette dualité ? Nous est-il possible de l’unifier pour déterminer le rôle exact que joue l’exception chez Platon et ainsi comprendre les phénomènes actuels de notre droit positif ?

Vers 8 - III) L’unification de la position de Platon à l’égard de l’exception

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Copyright Jean Jacques SARFATI jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr professeur de philosophie en région parisienne, juriste et ancien avocat à la cour d'Appel de Paris

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