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Rubrique Droit et Justice
DROIT
et
JUSTICE par Jean Jacques SARFATI
Le
rôle créateur de l'Exception en Droit chez Platon
dans
"Les Lois", "La République" et "Le
Politique"
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jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr
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= C)
Le refus platonicien du «corporatisme»
Platon,
comme le rappelle Luc Brisson : « voulait réformer la vie politique de
sa cité en accordant le pouvoir non à la richesse ou à la force militaire
mais au savoir »(19). Il rejette la démocratie car
celle-ci a pour effet de porter au pouvoir des « sophistes ou
discoureurs, formés à l’école des rhéteurs qui séduisent le peuple en lui
passant tous ses caprices ».
En
conséquence, pour l’auteur du « Politique » le droit ne doit pas
être formé par le fait, par les désirs des peuples ou des catégories
sociales mais en raison. Seul le vrai politique est d’ailleurs digne de saisir
ce qui convient et de légiférer (Pol.275b).
Ce
dernier en effet est à l’abri des pressions, il ne cherche pas à « flatter »
la foule mais à prendre « soin d’elle ». Son souci n’est pas de
diviser mais au contraire d’agir comme celui qui tisse les pièces d’un
tissus et qui sait avec délicatesse et honnêteté
« assembler les pièces disparates ». (Pol. 279b).
Comme l’étranger du «Politique » le rappellera « la formule
la plus authentique d’une administration de la cité qui soit vraiment droite
doit être celle selon laquelle l’homme savant et bon administrera la
communauté de ceux sur lesquels il exercera son autorité… »( Pol.
296e).
Ceux qui légifèrent autrement que pour favoriser cet intérêt commun sont
pour lui « des factieux qui gouvernent par le truchement d’illusions
inacceptables, eux qui ne sont eux-mêmes que des illusions parce qu’ils
excellent dans l’imitation et la sorcellerie sont les plus sophistes d’entre
les sophistes… » (Pol.303c)
Le législateur qui établit des lois en se laissant dicter ses points de vue
par le « fait » ou quelques groupes de pression, n’est donc pour
l’auteur des lois qu’un illusionniste qui usurpe le nom même de gouvernant
et qui, pire que tout, maintient le peuple dans l’illusion d’être gouverné.
Il
ne peut qu’à terme favoriser la venue au pouvoir d’illusionnistes, de
« théâtreux » qui laissent croire au peuple qu’il est gouverné
alors qu’il est abandonné à ses pires instincts. L’illusionniste crée une
spirale vicieuse : celle d’une
succession de régimes dont le précédent cherche à lutter contre les excès
du suivant pour installer lui-même d’autres excès qui engendreront de
nouvelles réactions et ce sans aucun répit.
Mais qu’entend l‘auteur du « Politique par « savoir » du
politique ? Platon accepterait-il des lois uniquement dictées par l’économie,
la psychologie ou la sociologie et qui ne présenteraient pas de réelle unité
par rapport au tout ?
Pour notre auteur ce n’est ni l’économie, ni la sociologie, ni même la
psychologie qui doivent dicter leurs volontés au législateur. Même si le véritable
législateur ne doit pas négliger l’apport de ces sciences, il doit créer
ses lois en conformité avec le paradigme du « tissage », lui-même
représentant de la science royale de la « Politique ». Les autres
sciences « n’ont qu’à exécuter ses ordres… »(Pol.
305)et apporter des informations utiles au législateur afin que ce dernier les
exploite dans le souci du « commun » pour mieux l’unifier et
l’harmoniser.
Le droit platonicien ne doit donc pas être clivé en de multiples législations
dictées par les intérêts du moment de telle ou telle catégorie sociale ou
professionnelle, ni même par des savoirs qui ne seraient pas reliés à
l‘ensemble.
Il
ne doit être gouverné que par le souci du bon politique qui lui n’obéit
qu’à un seul horizon : ne :
« jamais laisser de séparation…tisser l’ensemble… »
(Politique 311a)…Ce souci du lien explique également l’autre refus
platonicien à l’égard du dernier aspect de l’exception phénoménale.
Vers 5
- Le refus platonicien de la "variabilité" du
Droit
Bibliographie
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Copyright
Jean Jacques SARFATI jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr professeur de philosophie en région parisienne, juriste et ancien avocat à la cour d'Appel de
Paris
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