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° Rubrique Droit et Justice 

DROIT et JUSTICE par Jean Jacques SARFATI 

Le rôle créateur de l'Exception en Droit chez Platon 

dans "Les Lois", "La République" et "Le Politique"

Pages: 1 - - - - - - 7  - - - 10 - 11 - 12 - 13 - 14 - 15 - 
(16 bibliographie)

   jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr

Philagora tous droits réservés

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= La critique  Poppérienne  de Platon :

Notre lecture de Platon n’est-elle pas trop « idéalisée » ? N’avons-nous pas ici proposé une lecture quelque peu trop bienveillante de ce travail ? Platon  n’avait-il pas d’autres projets ?

Constatant les influences que ce dernier a pu exercer sur différents auteurs hostiles à la démocratie, Karl Popper a fait une lecture plus radicale de la philosophie de notre auteur.

Évoquant notamment un interprète hostile à ce régime et admirateur de Platon, l‘auteur de la société ouverte écrit« si Platon a vraiment réussi à détourner Adam de la démocratie, on est en droit de s’interroger sur les ravages que tant de venin a pu causer dans les esprits les plus simples… »(p 45). En conséquence, Popper entreprend de dénoncer « tout ce qui dans sa pensée paraît malfaisant et tout d’abord ses tendances totalitaires ». (31)

Ce faisant, il lui adresse ainsi plusieurs séries de critiques :

- En premier lieu, il lui reproche de n’avoir pas réussi à se départir d’une vision « magique » de la société. En effet, comme Bergson dans les « deux sources de la morale et de la religion », Popper oppose la « société close » à la «société ouverte». Cependant comme il le précise (30), Bergson associe l’ouverture à une conception religieuse alors que pour lui la société ouverte se « caractérise par l’aptitude de l’homme à porter sur les tabous magiques un jugement critique, à se servir de son intelligence avant de prendre une décision ». Or Platon, comme Bergson, n’a pas réussi à se dégager de la vision religieuse du monde et selon Popper cette confusion a été extrêmement dommageable.

- En second lieu, la critique que Popper adresse à Platon est essentiellement sociale. En effet, il rappelle que pour l’auteur des lois, ce qu’il qualifiait de « juste »  légitime l’existence de « privilèges de classes ». Pour Popper,certes Platon a fondé son œuvre sur la « justice », cependant pour lui,le platonisme «  a sciemment détourné la notion de justice afin de servir ses idées »( P. 85) car il était « anti-égalitaire » et avait une conception « holiste » de la société.  Pour Popper, en effet ; dans la « théorie platonicienne de la justice, les chefs naturels doivent commander et les esclaves naturels peiner… » (p 104)

- En troisième lieu, Popper reproche à Platon d’avoir «confondu individualisme et égoïsme» et donc sa conception de la liberté. Or pour l’auteur de « conjectures et réfutation » «  en attaquant l’égoïsme ce sont les droits de l’individu que l’on vise » (p 90). Selon Popper, Platon « a pour l’individu et sa liberté, la même aversion que pour la diversité du monde changeant des choses sensibles… » (p 92)   

- En quatrième lieu, Popper condamne le refus de Platon pour la démocratie. Pour notre auteur, cette condamnation est dangereuse car elle ignore les avantages de ce régime et accorde trop de crédit aux gouvernants. Or ceux-ci « ne sont pas toujours capables et sages…  l’histoire a montré que ce sont rarement des hommes supérieurs ». Pour Popper, la démocratie est donc le régime le meilleur pour lutter contre la tyrannie (p 107) et la société ouverte la plus propre à installer le bonheur car elle met en œuvre «l’influence bénéfique de la confrontation des cultures…» (32)

Que penser de cette critique au regard de la situation actuelle de notre droit et la vision actuelle de notre société ? 

Vers 14 Tentative de synthèse entre la critique et l’hypothèse

 

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Copyright Jean Jacques SARFATI jean-jacques.sarfati@wanadoo.fr professeur de philosophie en région parisienne, juriste et ancien avocat à la cour d'Appel de Paris

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