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° Rubrique Aide aux dissertations de philosophie

Thèmes: L’individu / Le droit / La morale

FAUT-IL RESPECTER LES LOIS ?
 

Une dissertation rédigée, par Charles Pépin, professeur agrégé de philosophie


Copyright, Flammarion 2006, chapitre extrait du livre «une semaine de philosophie»
 

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II.  L’obéissance automatique aux lois comporte les pires dangers. (suite)

Bilan intermédiaire Les lois ne sont que légales… Et nous ne sommes forcés ni par la nécessité ni par la morale à les respecter. La propension des hommes à s’inventer une absence de choix est une source intarissable d’étonnement. Il faut croire qu’ils y tiennent, à leur jouissance, ou à leur bonne conscience, et que notre question la menace. D’où leur agacement, voire leur agressivité : c’est le poids, de nouveau, de la liberté sur leurs épaules, la morsure du doute…

Nouvelle piste Peut-être l’explication est elle enfin en son fond religieuse. Notre civilisation est l’enfant du premier monothéisme , la religion juive. Or, il s’agit de la religion de la Loi. Depuis que Dieu a dicté à Moïse les tables de la loi, c’est dans le respect de ces commandements divins que réside une vie vraiment humaine. C’est de là aussi que vient la résonance lointaine du mot loi dans l’inconscient occidental. Les hommes respecteraient les lois juridiques comme on respecte la loi de Dieu. Habitués à croire en Dieu, ils se comporteraient face aux lois encore comme des croyants. D’où leur absence de sens critique, et leur obéissance automatique.
Mais si les lois ne sont jamais absolument légitimes, un tel rapport aux lois n’a plus de sens. Et notre obéissance frise l’absurde : pourquoi, si les lois ne sont pas justes, substituer à l’injustice naturelle ( normale puisqu’à l’ « état de nature » tout est rapports de force ) une injustice artificielle ?

transition, tentation La tentation surgit alors de rejeter les lois. Pour certains anarchistes, l’harmonie sociale résulterait d’un ajustement naturel, de l’absence pure et simple de lois. C’est aussi ce que préconisent, dans la sphère économique, les ultra libéraux : l’absence de réglementation permettrait au marché d’atteindre son optimum « naturel ». Mais dans les deux cas, l’idéal de l’égalité est abandonné au profit d’une réalité qui n’est autre que la « loi » du plus fort, et donc la violence. Les lois sont peut-être imparfaites, mais nous n’avons rien trouvé de mieux pour limiter la violence. nouveau bilan intermédiaire Nous ne pouvons donc pas les refuser, mais nous ne pouvons pas non plus les appliquer automatiquement. Nous sommes donc contraints, non de leur obéir simplement, mais de nous demander toujours s’il faut ou non les respecter. C’est plus fatiguant. Il faut trouver le temps, l’espace aussi pour une telle question, mais c’est la condition d’un rapport vraiment humain aux lois.
  Cette transition s’articule simplement sur la distinction conceptuelle posée en introduction : appliquer/respecter. Lorsque vous cherchez une transition, tournez vous vers les distinctions initiales de l’introduction.

Vers la page suivante III. Il faut respecter les lois en se méfiant autant des lois que de notre obéissance.

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