° Rubrique Aide aux dissertations de philosophie par J. Llapasset

  Selon Paul Valéry (1931). 

  • "Il n'y aurait de paix véritable que si tout le monde était satisfait, c'est dire qu'il n'y a pas souvent de paix véritable. Il n'y a que des paix réelles qui ne sont comme les guerres que des expédients."
     
    Discutez ce jugement à partir des trois oeuvres au programme. 

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Règle d'or numéro 1 de la dissertation: plus vous approfondirez, vous analyserez les expressions du sujet, plus vous gagnerez de temps: vous trouverez grâce à cet effort, comment questionner le sujet et le mouvement de votre devoir.
 

Paix véritable

Qui est exactement nommée, qui mérite son nom, conforme à l'essence de...

Paix réelle

Qui se trouve dans l'existence, qui existe réellement, qui existe en fait.

Expédients

Moyens de se tirer d'embarras momentanément, sans résoudre les difficultés.

Satisfait Est satisfait celui qui a ce qu'il veut: du point de vue des besoins et du point de vue du désir; celui qui est contenté et reconnu dans un échange juste. Autant dire que l'on retrouve l'échange: on reçoit autant que l'on a donné et on est conscient que cela est juste = pas de sentiment d'injustice, pas de vengeance, pas de ressentiment, pas de revanche en vue, pas d'arrière pensée secrète => paix véritable, perpétuelle. 
Tout le monde Sans exception et c'est la difficulté. Cela peut désigner tous les individus ou tous les États concernés, par exemple par un traité. Il suffit que quelques individus ou quelques États soient insatisfaits pour que la paix réelle soit lourde de menace = ce n'est pas une paix véritable. 
La paix n'est plus qu'un moyen au lieu d'être une manière d'être.

Vers la problématique.

Le traité de paix est-il un échange juste ou l'application d'un plan de paix par le vainqueur?
Le droit suffit-il à faire régner la justice? Sans la justice, pas de paix véritable.
"Or la raison qui veut la paix restaure le monde commun que le rêve abolit ... l'idéal de paix sert de règle à l'action et de fil directeur à l'histoire." Mai Lequan, La paix, GF Flammarion, Corpus, page 43.

Pour la recherche des idées.

La paix comme expédient ....
"Nous voyons donc que l'idée d'équilibre n'explique pas la trêve des hostilités, mais qu'elle équivaut toujours à l'attente d'un moment plus favorable." Clausewitz, De la guerre, I, & 13
=> La paix réelle serait-elle progressivement informée par l'idée de paix véritable au point que l'on puisse travailler à la paix? A quelle condition un traité de paix pourrait-il satisfaire tout le monde? Pourquoi, selon Kant, les philosophes doivent être consultés? (Voir la clause secrète du Projet de paix perpétuelle de Kant.)
Quel rôle jouent les articles dans Le Projet de paix perpétuelle ?
=> Une piste: pourquoi la traduction "Vers la paix perpétuelle" peut-elle sembler préférable à "Projet de paix perpétuelle" ? Par laquelle des deux le principe régulateur de l'Idée est-il le plus "rendu" ? Est-ce le conservatisme confit qui a maintenu la traduction de Projet de paix perpétuelle? cela n'établit-il pas l'affirmation de Kant selon laquelle l'effort de traduction enrichit la langue du traducteur? Pourquoi, de toutes manières, cette diversité révèle-t-elle  un conflit latent dans la paix réelle de la philosophie?
Peut-il y avoir une paix perpétuelle en philosophie?

Deux axes de lecture.
- La paix d'Aristophane: satisfaction des besoins du ventre et du désir amoureux dans une ruralité idéale.
- Projet de Kant: ce que la raison pose comme possible n'est pas un rêve, un idéal de l'imagination, mais une idée que le vouloir peut réaliser: la paix véritable informe progressivement la paix réelle = espérance.

Axes de réflexion:
- La rareté comme origine de la violence.
- L'insatisfaction, les divisions qui en découlent ne peuvent-elles trouver une autre expression que la guerre dans l'institution d'un espace public à l'échelle mondiale? (Claude Lefort, L'idée de paix et l'idée d'humanité dans Lire, à l'épreuve du politique).

Pour la recherche du plan: 
- Il est toujours possible de commencer par déplier le jugement, en analysant avec précision les concepts qu'il met en relation pour arriver à une formulation de la pensée de Paul Valéry.
- Dans une deuxième partie, il s'agit de souligner l'intérêt de cette pensée et ce qu'elle permet de mieux reconnaître dans les trois oeuvres du programme. Le pour, en quelque sorte.
- Dans une troisième partie, vous faites apparaître ce qui, dans les trois oeuvres, irait contre le jugement de Valéry. Un autre plan conviendra, pour peu qu'il prenne en compte le sens précis du verbe discuter: discuter signifie en effet ici, examiner ce jugement en instaurant un débat qui pèse le pour et le contre.

Pour une conclusion: 
La réalisation de la paix véritable reste à la charge de l'homme.
"Tous les traités de ces puissances sont plutôt des trêves passagères que de véritables paix." Rousseau.

=> Quelques pistes pour approfondir:
Dans les classiques Hâtier de la philosophie: Kant, Vers la paix perpétuelle, lire l'analyse de M. Foessel, en particulier pages 110 et 111.
- Quand on fait la guerre fait-on de la politique? (lien ouverture nouvelle fenêtre)

- La paix est moins un moyen d'action qu'une manière d'être au monde qui instaure ou restaure la confiance dans le possible, préalable à toute possibilité d'agir." (lien ouverture nouvelle fenêtre)

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