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Pour la compréhension du sujet, vers le problème:
Le
doute est un acte de l'esprit qui craint d'affirmer, qui est
partagé entre deux alternatives, lorsqu'il se pose la question de
la réalité d'un fait ou de la vérité d'une affirmation. C'est
l'acte de suspendre un jugement.
La question est de savoir si cet acte est personnel ou
impersonnel, appartient en propre à un je pense et à un
je veux, à une personne qui porte en elle une dignité
car elle est capable de liberté, pour certains d'une liberté
absolue, le pouvoir de prendre ou de rejeter les idées, de douter
ou d'affirmer au point d'aller jusqu'à rejeter les idées vraies.
Loin d'être le caprice ou la folie d'une imagination et d'une
volonté, il se pourrait que le doute ne serait que la
constatation par l'esprit qu'il n'a pas l'idée vraie d'une chose.
Ce ne serait donc pas une pensée particulière mais ce serait une
pensée universelle en droit.
"L'esprit
a du mouvement pour aller plus loin ... il peut suspendre son
jugement."
Malebranche.
D'après vous, Malebranche attribue-t-il le doute à l'esprit ou
à la volonté. Est-ce l'esprit impersonnel qui suspend le
jugement ou la volonté d'un sujet.
=>
Les raisons d'affirmer que le doute est une pensée impersonnelle.
Lisez attentivement ce texte de Spinoza tiré de l'Éthique,
deuxième partie proposition XLIX, Scolie.
"La volonté est un être universel, autrement dit une idée
par laquelle nous expliquons toute les volitions singulières,
c'est à dire ce qui est commun à toutes ces volitions ... car
l'universel se dit également d'un et de plusieurs comme d'une
infinité d'individus ... Je réponds en niant que nous ayons le
libre pouvoir de suspendre notre jugement. Car, lorsque nous
disons qu'on suspend son jugement, nous ne disons rien d'autre
sinon qu'on voit qu'on ne perçoit pas une chose de façon adéquate.
La suspension du jugement est donc en réalité une perception..."
....
=> Les raisons d'affirmer que le doute est une pensée
personnelle.
Le sujet dans une démarche personnelle suspend son jugement pour
exercer un doute méthodique. Le doute est alors un dialogue intériorisé
dans lequel le sujet (le même) se dédouble en deux
interlocuteurs qui questionnent et qui répondent: dans la pensée
c'est le même qui sait interroger et qui sait répondre.
=>
Descartes dans Le discours de la méthode, sixième
partie:
"Pour ce que, alors je désirais vaquer seulement à la
recherche de la vérité, , je pensais qu'il fallait que je
rejetasse comme absolument faux tout ce en quoi je pourrais
imaginer le moindre doute..."
=>
Le doute viendrait de soi et porterait sur soi.
"Le douteur ... ne doute que de lui même et de ses
interprétations." Claude Bernard. Dans de telles
conditions peut-il autre que personnel?
"L'acte
qui porte la marque de notre personne est véritablement libre."
Bergson.
=>
Penser
est-ce douter de tout ?
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J.
Llapasset
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