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Elle dit les
conséquences de son engagement, du don total de soi qu'elle a
fait au risque paraître une épave dans les mains de Louis
Laine pour peu qu'il ne tienne pas son propre engagement.
Gardons bien dans l'esprit que Marthe n'est pas encore gagnée
par l'intérêt de l'esprit, de la raison.
=> Elle dit
le don de soi: elle s'est donnée sans retour.
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Je ferai ce que tu voudras, Louis.
(page 15)
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Je suis à toi et ma passion est de
faire mon service (page 24)
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Je ne suis pas libre, et je suis
sous tes pieds. (page 25)
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Je me suis donnée ... (page
68)
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=> Elle
exige son dû.
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La femme sans l'homme que
ferait-elle? (page 20)
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Mais je suis ici pour te la (la
vie) redemander. (page 30)
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... il n'y a pas d'autres femmes
que moi. (page 30)
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O Laine, tu m'es unis par un
sacrement. (page 80)
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=> Elle présente
ses qualités d'intuition, elle présente aussi comme une
conscience morale, un intuition directe qui ne passe pas par les
méandres de la discursivité. C'est l'évidence.
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J'écoute. (page 21)
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L'œil est fait pour voir et
l'oreille pour entendre (page 43)
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Je te connais du moins d'une manière
où tu ne peux tromper, comme un mouton qu'on pèse
l'ayant acheté (page 25)
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Elle
présente aussi ses défauts:
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Je suis jalouse! (page 31)
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Ce n'est pas ma faute si je ne suis
pas plus intelligente. (page ... )
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Car je t'ai été une compagne pénible
et douloureuse (page 105)
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=> Pourtant
elle pressent obscurément ce qui apparaîtra en toute clarté
dans la deuxième version:
elle représente le salut pour Laine.
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Reste! il y va de ta vie ! (page
104)
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Et moi je te défendrai, je te
sauverai. (page ...)
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Tout
au long de la première version, Marthe dit pauvrement sa fidélité,
sa sincérité, qui élève son mariage à tout autre chose
qu'un contrat que l'on pourrait rompre avec un quelconque dédommagement.
Ayant donné ce qui n'a pas de prix, sa liberté naturelle, ce
qui ne peut se vendre, ce qui n'a pas de prix, elle exige de
Laine qu'il accède à l'autonomie, au travail bien fait que nécessite
l'enfant qu'elle porte en elle. Elle le convie donc à la non réciprocité
de l'amour, à s'investir totalement dans une oeuvre: toute
oeuvre exige le don de soi au delà des petits calcul d'intérêt:
en se perdant on se sauve. C'est le meilleur de chacun que l'épanouissement
de l'enfant exige. C'est dire que le don de la vie exige d'abord
une communion qui est à l'origine de l'enfant: dans cette
communion chacun apprendra à aimer ce qu'il fait et finira par
éprouver la douceur du devoir accompli. c'est bien le message
essentiel que Claudel veut nous faire parvenir même si cela se
noie parfois dans la crise intérieure provoquée par
l'intrusion de la lumière que figure la première version de la
pièce. On comprendra que Marthe, après la mort de Louis Laine
se tourne vers Thomas, celui qui fait bien son travail, le
pilier qu'il lui faut, pour lui demander de l'aide: ce que
Marthe dit d'elle c'est donc sa richesse et son manque, son désir
d'une plénitude à laquelle seule la rencontre d'un autre qui
relève le pari lui permettra d'accéder: chacun se donnant
pleinement à une tâche commune: donner la vie. |