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(J. S. Mill 1806-1873)

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Tome II, Livre IV-Des opérations auxiliaires de l’induction 

Lorsque nous étudions les objets, non dans un intérêt pratique spécial, mais pour étendre nos connaissances sur l’ensemble de leurs propriétés et de leurs rapports, les attributs les plus importants seront ceux qui contribuent le plus, soit par eux-mêmes, soit par leurs effets, à rendre les choses semblables l’une à l’autre et dissemblables à toutes les autres choses ; ceux qui donnent à la classe qui en est formée l’individualité la plus marquée ; qui tiennent, pour ainsi dire, le plus de place dans les objets, et qui feraient le plus d’impression sur un spectateur instruit de toutes leurs propriétés sans s’intéresser spécialement à aucune. Les classes ainsi formées sont par excellence celles qu’on peut appeler des groupes naturels.

§3- Whewell : « Les groupes naturels sont donnés par un type et non par une Définition ». Cette considération explique « l’indétermination et l’indécision qu’on trouve souvent dans les descriptions de ces groupes, et qui doivent sembler si étranges et si peu logiques à ceux qui n’imaginent pas que ces descriptions aient un fondement de connexion plus profond que le choix arbitraire du botaniste. Les indications ne sont pas données pour distinguer l’espèce, mais pour décrire la famille.

Quoique, dans un groupe naturel d’objets, une définition ne puisse plus être d’aucun usage comme principe régulateur, les classes ne restent pas pour cela tout à fait flottantes, sans points de repère et sans fil conducteur. La classe est invariablement fixée, quoique non limitée avec précision ; elle est donnée, quoique non circonscrite ; elle est déterminée, non par une ligne de démarcation au dehors, mais par un point central au dedans ; non par ce qu’elle esclut rigoureusement, mais par ce qu’elle contient éminemment ; par un exemple, et non par un précepte ; bref, au lieu d’une Définition, c’est un Type qui sert de guide.

 Le type est un cas de la classe, par exemple, une espèce d’un genre, considérée comme possédant éminemment le caractère de la classe. Toutes les espèces qui ont une affinité plus grande avec l’espèce type qu’avec toute autre forment le genre et se groupent autour, en s’en écartant dans différentes directions et à différents degrés.

L’espèce - type de chaque genre ou le genre-type de chaque famille est donc le groupe qui a tous les caractères et toutes les propriétés du genre très obstensiblement marqués et fortement accentués.

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§4- Il y a dans la nature des distinctions de Genre, distinctions qui ne consistent pas dans un nombre donné de propriétés définies, plus les effets résultant de ces propriétés, mais qui portent sur la nature tout entière, sur tous les attributs en général des choses ainsi distinguées.
La connaissance d’un Genre doit provenir tout entière de l’observation et de l’expérience du Genre lui-même ; une inférence relative à ses propriétés d’après des propriétés de choses sans connexion générique avec lui ne donne guère plus que l’espèce de présomption qu’on appelle d’ordinaire l’Analogie ; et même, en général, à un de ses plus faibles degrés.

En tant qu’une classification naturelle est fondée sur des Genres réels, les groupes qui la composent ne sont certainement pas conventionnels ; et il est parfaitement vrai qu’ils ne dépendent pas du choix arbitraire du naturaliste. Mais il ne s’ensuit pas, et il n’est pas vrai, que ces classes soient déterminées par un type et non par ces caractères. Les déterminer par un type serait un moyen aussi sûr de manquer le véritable Genre, que si l’on choisissait arbitrairement un ensemble de caractères.

Le problème est : trouver un petit nombre de caractères définis indiquant une multitude d’autres indéfinis.

Les Genres sont des classes qu’une barrière infranchissable sépare. Il faut choisir les caractères les mieux appropriés. Quand nous avons choisi les caractères, c’est d’après eux que nous répartissons les objets, et non d’après leur ressemblance avec un type.

 vers:  Les Familles et les Genres

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