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Les distributions systématiques

  J’appelle distribution systématique, soit générale, soit particulière, toute série d’animaux ou de végétaux qui n’est pas conforme à l’ordre de la nature, c’est à dire qui ne représente pas soit son ordre en entier, soit quelque portion de cet ordre, et conséquemment qui n’est pas fondée sur la considération des rapports bien déterminés.

On est maintenant parfaitement fondé à reconnaître qu’un ordre établi par la nature existe parmi ses productions dans chaque règne des corps vivants : cet ordre est celui dans lequel chacun de ces corps a été formé dans son origine.
  Les corps vivants qui se trouvent aux deux extrémités de cet ordre ont essentiellement entre eux le moins de rapports, et présentent dans leur organisation et leur forme les plus grandes différences possibles. C’est ce même ordre qui devra remplacer, à mesure que nous le connaîtrons, ces distributions systématiques ou artificielles.

Les classes- C’est la première sorte de divisions générales que l’on établit dans un règne. Néanmoins les limites de cette classe sont artificielles.

Les ordres- on donne le nom d’ordre aux divisions principales et de la première sorte qui partagent une classe.

  Les familles- on appelle ainsi des portions de l’ordre de la nature, reconnues dans un ou l’autre règne des corps vivants. Ces portions sont moins grandes que les classes et même que les ordres mais plus grandes que les genres.

  Les genres- Il s’agit de réunions de races, dites espèces, rapprochées d’après la considération de leurs rapports et constituant autant de petites séries limitées par des caractères que l’on choisit arbitrairement pour les circonscrire.

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On appelle nomenclature, le système des noms que l’on assigne soit aux objets particuliers comme à chaque race ou espèce de corps vivant, soit aux différents groupes de ces objets, comme à chaque genre, chaque famille et chaque classe.

Pour parvenir à nous procurer et à nous conserver l’usage de tous les corps naturels qui sont à notre portée, et que nous pouvons faire servir à nos besoins, on a senti qu’une détermination exacte et précise des caractères propres à chacun de ces corps était nécessaire, et conséquemment qu’il fallait rechercher et déterminer les particularités d’organisation, de structure, de forme, de proportion, qui différencient les divers corps naturels, afin de pouvoir en tout temps les reconnaître et les distinguer les uns des autres.

Ch. II- Importance de la considération des Rapports

  Parmi les corps vivants, on a donné le nom de rapport, entre deux objets considérés comparativement, à des traits d’analogie ou de ressemblance, pris dans l’ensemble ou la généralité de leurs parties, mais en attachant plus de valeur aux plus essentielles. Plus ces traits ont de conformité et d’étendue, plus les rapports entre les objets qui les offrent sont considérables. Ils indiquent une sorte de parenté entre les corps vivants qui sont dans ce cas, et font sentir la nécessité de les rapprocher dans nos distributions proportionnellement à la grandeur de leurs rapports.

  L’importante étude des rapports ne se borne pas à comparer des classes, des familles, et même des espèces entre elles, pour déterminer les rapports qui se trouvent entre ces objets ; elle embrasse aussi la considération des parties qui composent les individus, et en comparant entre elles les mêmes sortes de parties, cette étude trouve un moyen solide de reconnaître soit l’identité des individus d’une même race, soit la différence qui existe entre les races distinctes.

  Les parties les plus importantes, et qui doivent fournir les principaux rapports, sont, dans les animaux, celles qui sont essentielles à la conservation de leur vie ; et dans les végétaux, celles qui sont essentielles à leur régénération. Relativement aux animaux, on est maintenant convaincu, avec raison, que c’est uniquement de leur organisation que les rapports naturels peuvent être déterminés parmi eux, d’où la prédominance de la zoologie comparée.

  Lorsqu’on s’occupe des rapports naturels entre les objets, et que ces rapports sont bien jugés, les espèces étant rapprochées d’après cette considération, et rassemblées par groupes entre certaines limites, forment ce que l’on nomme des genres ; les genres pareillement rapprochés après la considération des rapports, et réunis aussi par groupes d’un ordre qui leur est supérieur, forment ce qu’on nomme des familles ; ces familles rapprochées de même, et sous la même considération, composent des ordres, ceux-ci par les mêmes moyens, divisent primairement les classes ; enfin, ces derniers partagent chaque règne en ses principales divisions.

 

 vers:  Ch. III- De l’espèce parmi les corps vivants

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