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° Rubrique Philo:
Capes-Agreg
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Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
- Psychologie -
Sigmund Freud, 1856-1939
Essais de psychanalyse
Fiche
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Considérations
actuelles sur la guerre et sur la mort
(1915)
2.
Notre relation à la
mort
Le
second facteur dont je fais découler le sentiment que nous
éprouvons d’être perdus dans ce monde, jadis si beau et
si familier, est la perturbation de notre relation à la
mort, telle que nous l’avions fermement maintenue jusque-là.
Nous avons
manifesté à l’évidence une tendance à mettre la mort
de côté, à l’éliminer de la vie.
Dans
l’inconscient, chacun de nous est persuadé de son
immortalité.
Mais cette relation à la mort, qui est la nôtre,
exerce une forte influence sur notre vie. La vie
s’appauvrit, elle perd de son intérêt, dès l’instant
où dans les jeux de la vie il n’est plus possible de
risquer la mise suprême, c’est à dire la vie elle-même.
Nous ne
pouvons donc pas chercher dans le monde de la fiction, dans
la littérature, dans le théâtre, un substitut à ce que
la vie nous fait perdre.
J’ai déjà dit, que selon moi, la perturbation et
la paralysie de notre capacité de réalisation, dont nous
souffrons, tiennent essentiellement au fait que nous
n’avons pas pu maintenir la relation à la mort, qui fut
la nôtre jusqu’à présent, et que nous n’en avons pas
encore trouvé de nouvelle. Nous y serons peut-être aidé,
si nous orientons notre recherche psychologique sur deux
autres rapports avec la mort, celui qu’il nous est permis
d’attribuer à l’homme des origines, l’homme des
premiers âges, et par ailleurs celui qui est encore
maintenu en chacun de nous, mais se cache, invisible à
notre conscience, dans les couches les plus profondes de
notre vie psychique.
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L’homme
des origines a eu à l’égard de la mort une
attitude très singulière. Absolument pas univoque,
mais bien plutôt pleine de contradictions. D’une
part, il a pris la mort au sérieux, l’a reconnue
comme abolition de la vie et s’est servi d’elle en
ce sens, mais d’autre part il a également nié la
mort, l’a réduite à rien.
L’obscur sentiment de culpabilité qui écrase
l’humanité depuis les origines et qui dans maintes
religions s’est condensé en l’hypothèse d’une faute
originelle, d’un péché héréditaire, est
vraisemblablement l’expression d’un crime de sang,
dont s’est chargée l’humanité originaire.
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La
loi de l’ambivalence des sentiments, qui, aujourd’hui
encore, commande aux relations affectives nous unissant aux
personnes que nous aimons le plus, régnait dans les temps
originaires avec encore moins d’entraves. Ainsi, ces morts
bien-aimés avaient dont été également des étrangers et
des ennemis, qui avaient suscité en lui, parmi d’autres,
des sentiments hostiles.
Ce n’est
ni l’énigme intellectuelle ni chaque cas particulier de
mort, mais le conflit de sentiments ressenti lors de la mort
de personnes aimées et, en même temps, étrangères et haïes,
qui a fait naître chez les hommes l’esprit de recherche.
C’est
dans un temps aussi reculé qu’a commencé le déni de la
mort, désigné par nous comme une convention liée à la
civilisation.
Le premier et le plus significatif des interdits
venus de la conscience morale naissante fut : Tu
ne tueras point. Il s’était imposé comme réaction
contre la satisfaction de la haine en présence du mort
bien-aimé, satisfaction cachée derrière le deuil, et il
s’étendit progressivement à l’étranger non-aimé et
finalement aussi à l’ennemi.
Les aspirations morales de l’humanité, dont nous
n’avons pas à dénigrer la force et l’importance, sont
une acquisition de l’histoire humaine ; dans une
mesure malheureusement très variable, elles sont devenues
pour l’humanité d’aujourd’hui des biens acquis par héritage.
Comment notre inconscient se comporte-t-il à l’égard
du problème de la mort ? La réponse s’impose :
presque exactement comme l’homme des origines.
Ce que nous appelons notre inconscient, les couches
les plus profondes de notre âme, constituées de motions
pulsionnelles, ne connaît absolument rien de négatif,
aucune (dé)négation – en lui les contraires se
recouvrent – et de ce fait ne connaît pas non plus notre
propre mort, à laquelle nous ne pouvons donner qu’un
contenu négatif. Chaque
jour, à chaque heure, dans nos motions inconscientes, nous
écartons de notre chemin ceux qui nous gênent, ceux qui
nous ont offensés et lésés.
Vers
II-
Au-delà du principe de plaisir
(1920)
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