° Rubrique Philo: Capes-Agreg

- Fiches d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique proposée et animée par  François Palacio

- Psychologie -
Sigmund Freud, 1856-1939 

Essais de psychanalyse

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III- Psychologie des foules et analyse du moi (1921)  

  • 8.  La pulsion grégaire

Cette grégarité est biologiquement une analogie et en quelque sorte une continuation de la pluricellularité et, au sens de la théorie de la libido, une autre manifestation de la tendance d’origine libidinale qu’ont tous les êtres vivants de même espèce à se réunir dans des unités de plus en plus vaste.

  Conscience de culpabilité et sentiment du devoir seraient les attributs caractéristiques d’un gregarious animal. Le sentiment social repose sur le retournement d’un sentiment d’abord hostile en un lien à caractère positif, de la nature d’une identification.

9.        La foule et la horde originaire

  En 1912, j’ai adopté la supposition de Darwin selon laquelle la forme originaire de la société humaine serait celle d’une horde primitive soumise à la domination sans limite d’un mâle puissant.

  De même que l’homme des origines s’est maintenu virtuellement en chaque individu pris isolément, de même la horde originaire peut se reconstituer à partir de n’importe quel agrégat humain ; dans la mesure où la formation en foule régit habituellement les hommes, nous reconnaissons en elle la persistance de la horde originaire.  

  Le meneur de la foule demeure toujours le père originaire redouté, la foule veut toujours être dominée par une puissance illimitée, elle est au plus haut degré avide d’autorité, elle a soif de soumission. Le père originaire est l’idéal de la foule qui domine le moi à la place de l’idéal du moi. L’hypnose peut prétendre à juste titre à cette appellation : une foule à deux ; il reste comme définition de la suggestion : une conviction qui n’est pas fondée sur la perception et le travail de la pensée, mais sur un lien érotique.

  • 10.     Un stade dans le moi

Chaque individu pris isolément participe donc de plusieurs âmes des foules, âme de sa race, de sa classe, de sa communauté de foi, de son État, et peut par surcroît accéder à une parcelle d’autonomie et d’originalité.

  L’idéal du moi englobe la somme de toutes les limitations auxquelles le moi doit se soumettre, et c’est pourquoi le retrait de l’idéal devrait être une fête grandiose pour le moi, qui alors aurait une fois encore le droit d’être content de lui.

Il se crée toujours une sensation de triomphe quand quelque chose dans le moi coïncide avec l’idéal du moi. De même le sentiment de culpabilité peut être compris comme expression de la tension entre moi et idéal.  

11.     Annexes

  La distinction du moi et de la substitution de l’objet à l’idéal du moi trouve une illustration dans les deux grandes foules artificielles que nous avons étudiées, l’armée et l’église.

  Partout où nous rencontrons un sentiment tendre, celui-ci succède à un lien objectal pleinement sensuel avec la personne en question ou son prototype (son imago). Il est établi qu’il peut être encore présent en tant que forme et possibilité et peut, à tout instant, par régression, être réinvesti, réactive.

     Les pulsions sexuelles inhibées quant au but ont sur les non inhibées un grand avantage fonctionnel. Comme elles ne sont pas susceptibles d’une satisfaction totale à proprement parler, elles se montrent particulièrement capables de créer des liens durables, alors que les pulsions directement sexuelles perdent chaque fois de leur énergie du fait de la satisfaction et sont forcées d’en attendre le renouvellement par recharge de la libido sexuelle, à l’occasion de quoi l’objet peut, entre temps, être changé.

  Les tendances sexuelles directes sont ainsi défavorables à la formation en foule.

  On peut dire que la névrose exerce sur la foule une action désagrégeante, exactement comme l’état amoureux. Ainsi peut-on voir que, là où s’est produit un choc puissant aboutissant à la formation en foule, les névroses reculent et peuvent disparaître au moins pour un temps.

  L’état amoureux repose sur la présence simultanée de tendances sexuelles directes et de tendance sexuelles inhibées quant au but, l’objet attirant sur lui une partie de la libido narcissique du moi. Il n’a d’espace que pour le moi et l’objet.

  L’hypnose partage avec l’état amoureux la limitation à ces deux personnes, mais elle repose intégralement sur des tendances sexuelles inhibées quant au but et met l’objet à la place de l’idéal du moi.

  La foule multiplie ce processus, elle concorde avec l’hypnose par la nature des pulsions qui assurent sa cohésion et par la substitution de l’objet à l’idéal du moi, mais elle y ajoute l’identification à d’autres individus, qui peut-être fut possible à l’origine grâce à une même relation à l’objet.

Vers IV- Le moi et le ça (1923)

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