° Rubrique Philo: Capes-Agreg

- Fiches d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique proposée et animée par  François Palacio

- Épistémologie

Comte. Discours sur l’esprit positif 

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§24- En faisant prévaloir de plus en plus la vie industrielle, la sociabilité moderne doit puissamment seconder la grande révolution mentale qui aujourd’hui élève définitivement notre intelligence du régime théologique au régime positif.

  La vie industrielle est, d’une part, directement contraire à tout optimisme providentiel, puisqu’elle suppose nécessairement que l’ordre naturel est assez imparfait pour exiger sans cesse l’intervention humaine, tandis que la théologie n’admet logiquement d’autre moyen de le modifier que de solliciter un appui surnaturel.

  En outre, cette opposition se reproduit continuellement dans l’accomplissement général de nos opérations, où nous devons envisager le monde extérieur, non comme dirigé par des volontés quelconques, mais comme soumis à des lois, susceptibles de nous permettre une suffisante prévoyance, sans laquelle notre activité pratique ne comporterait aucune base rationnelle.

§27- Dans l’état présent de la raison humaine, on peut assurer que le régime monothéique, longtemps favorable à l’essor primitif des connaissances réelles, entrave profondément la marche systématique qu’elles doivent prendre désormais, en empêchant le sentiment fondamental de l’invariabilité des lois physiques d’acquérir enfin son indispensable plénitude philosophique.

§31- Considéré d’abord dans son acception la plus ancienne et la plus commune, le mot positif désigne le réel, par opposition au chimérique. En seconde sens, il indique le contraste de l’utile à l’oiseux. Enfin cette expression est employée pour qualifier l’opposition entre la certitude et l’indécision.

§33- Le seul caractère essentiel du nouvel esprit philosophique qui ne soit pas encore indiqué directement par le mot positif, consiste dans sa tendance nécessaire à substituer partout le relatif à l’absolu.

§34- Il importe de sentir que, sous tous les aspects essentiels, le véritable esprit philosophique consiste surtout dans l’extension systématique du simple bon sens à toutes les spéculations vraiment accessibles.

§42- D’après le sentiment, de plus en plus développé, de l’égale insuffisance sociale qu’offrent désormais l’esprit théologique et l’esprit métaphysique, qui seuls jusqu’ici ont activement disputé l’empire, la raison publique doit se trouver implicitement disposée à accueillir aujourd’hui l’esprit positif comme l’unique base possible d’une vraie résolution de la profonde anarchie intellectuelle et morale qui caractérise surtout la grande crise moderne.

§43- Pour la nouvelle philosophie, l’ordre constitue sans cesse la condition fondamentale du progrès ; et, réciproquement, le progrès devient le but nécessaire de l’ordre.

§45- Ce perfectionnement consiste essentiellement pour l’individu, soit pour l’espèce, à faire de plus en plus prévaloir les éminents attributs qui distinguent le plus notre humanité de la simple animalité, c’est à dire d’une part l’intelligence, d’autre part la sociabilité, facultés naturellement solidaires, qui se servent mutuellement de moyen et de but.

§46- L’esprit positif, en vertu de sa nature éminemment relative, peut seul représenter convenablement toutes les grandes époques historiques comme autant de phases déterminées d’une même évolution fondamentale, où chacune résulte de la précédente et prépare la suivante selon des lois invariables, qui fixent sa participation spéciale à la commune progression.

§54- Désormais, toutes les spéculations réelles, convenablement systématisées, concourront sans cesse à constituer, autant que possible, l’universelle prépondérance de la morale, puisque le point de vue social y deviendra nécessairement le lien scientifique et le régulateur logique de tous les autres aspects positifs. Il est impossible qu’une telle coordination, en développant familièrement les idées d’ordre et d’harmonie, toujours rattachées à l’humanité, ne tende point à moraliser profondément non seulement les esprits d’élite, mais aussi la masse des intelligences, qui toutes devront plus ou moins participer à cette grande initiation d’après un système convenable d’éducation universelle.

§56- L’esprit positif est directement social par suite même de sa réalité caractéristique. Pour lui, l’homme proprement dit n’existe pas, il ne peut exister que l’humanité, puisque tout notre développement est dû à la société, sous quelque rapport qu’on l’envisage.

§59- Pour surmonter convenablement ce concours spontané de résistances diverses que lui présente aujourd’hui la masse spéculative proprement dite, l’école positive ne saurait trouver d’autre ressource générale que d’organiser un appel direct et soutenu au bon sens universel, en s’efforçant désormais de propager systématiquement, dans la masse active, les principales études scientifiques propres à y constituer la base indispensable de sa grande élaboration philosophique.

§62- Tel est l’important avantage que l’absence d’éducation scolastique procure aujourd’hui à nos prolétaires, et qui les rend, au fond, moins accessibles que la plupart des lettrés aux divers sophismes perturbateurs, conformément à l’expérience journalière, malgré une excitation continue, systématiquement dirigée vers les passions relatives à leur condition sociale.

§73- Invariable hiérarchie, à la fois historique et dogmatique (encyclopédique), des six sciences fondamentales :
-  mathématique
-  astronomie
-  physique
-  chimie
-  biologie
-  sociologie

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