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° Rubrique Philo:
Capes-Agreg
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Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
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Épistémologie
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Comte.
Discours sur l’esprit positif
Fiche 1 -
Fiche
2 - Fiche
3
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§2-
Toutes nos spéculations quelconques sont inévitablement
assujetties, soit chez l’individu, soit chez l’espèce,
à passer par trois états théoriques différents, que les
dénominations habituelles de théologique, métaphysique et
positif pourront ici qualifier suffisamment, pour ceux, du
moins, qui en auront bien compris le vrai sens général.
§3-
Théologique : en un temps où l’esprit humain est
encore au-dessous des plus simples problèmes scientifiques,
il recherche avidement, et d’une manière presque
exclusive, l’origine de toutes choses, les causes
essentielles, soit premières, soit finales, des divers phénomènes
qui le frappent, et leur mode fondamental de production, en
un mot les connaissances absolues. Ce besoin primitif se
trouve naturellement satisfait par notre tendance initiale
à transporter partout le type humain, en assimilant tous
les phénomènes quelconques à ceux que nous produisons
nous-mêmes, et qui, à ce titre, commencent par nous
sembler connus, d’après l’intuition immédiate qui les
accompagne.
Il devient indispensable de jeter un coup d’œil
vraiment philosophique sur l’ensemble de la marche
naturelle de l’esprit théologique, afin d’apprécier
son identité fondamentale sous les trois formes
fondamentales qui lui sont successivement propres.
§4-
La plus immédiate et la plus prononcée constitue le fétichisme proprement dit, consistant surtout à attribuer à tous
les corps extérieurs une vie essentiellement analogue à la
nôtre, mais presque toujours plus énergique, d’après
leur action ordinairement plus puissante.
§5-
Sous sa seconde phase essentielle, constituant le vrai polythéisme, trop souvent confondu avec l’état précédent,
l’esprit théologique représente nettement la libre prépondérance
spéculative de l’imagination, tandis que jusqu’alors
l’instinct et le sentiment avaient surtout prévalu dans
les théories humaines. La philosophie initiale y subit la
plus profonde transformation que puisse comporter
l’ensemble de sa destinée réelle, en ce que a vie y est
enfin retirée aux objets matériels, pour être mystérieusement
transportée à divers êtres fictifs, habituellement
invisibles, dont l’active intervention continue devient désormais
la source directe de tous les phénomènes extérieurs, et même
ensuite des phénomènes humains.
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§6-
Dans la troisième phase théologique, le monothéisme
proprement dit commence l’inévitable déclin de la philosophie initiale, qui,
tout en conservant longtemps une grande influence sociale, toutefois plus
apparente que réelle, subit dès lors un rapide décroissement intellectuel,
par une suite spontanée de cette simplification caractéristique, où la raison
vient restreindre de plus en plus la domination antérieure de l’imagination,
en laissant graduellement développer le sentiment universel, jusqu’alors
presque insignifiant, de l’assujettissement nécessaire de tous les phénomènes
naturels à des lois invariables.
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§7-
Si les modernes ont dû proclamer l’impossibilité de
fonder aucune théorie solide, autrement que sur un
suffisant concours d’observations convenables, il n’est
pas moins incontestable que l’esprit humain ne pourra
jamais combiner, ni même recueillir, ces indispensables matériaux,
sans être toujours dirigé par quelques vues spéculatives
préalablement établies.
Tel est
l’heureux privilège des principes théologiques, sans
lesquels on doit assurer que notre intelligence ne pouvait
jamais sortir de sa torpeur initiale, et qui seuls ont pu
permettre, en dirigeant son activité spéculative, de préparer
graduellement un meilleur régime logique.
§9-
Le passage graduel de l’esprit théologique à l’esprit
positif n’a pu originairement s’opérer, soit dans
l’individu, soit dans l’espèce, sans l’assistance
croissante d’une sorte de philosophie intermédiaire,
essentiellement bornée à cet office transitoire. Telle est
la participation spéciale de l’état métaphysique
proprement dit à l’évolution fondamentale de notre
intelligence qui, antipathique à tout changement brusque,
peut ainsi s’élever presque insensiblement à l’état
positif.
Comme
la théologie, la métaphysique tente surtout d’expliquer
la nature intime des êtres, l’origine et la destination
de toutes choses, le mode essentiel de production de tous
les phénomènes ; mais, au lieu d’y employer les
agents surnaturels proprement dits, elle les remplace de
plus en plus par ces entités
ou abstractions personnifiées, dont l’usage vraiment
caractéristique, a souvent permis de la désigner sous le
nom d’ontologie.
L’efficacité historique de ces entités résulte
directement de leur caractère équivoque : car, en
chacun de ces êtres métaphysiques, inhérent au corps
correspondant sans se confondre avec lui, l’esprit peut,
à volonté, selon qu’il est plus près de l’état théologique
ou de l’état positif, voir ou une véritable émanation
de la puissance surnaturelle, ou une simple dénomination
abstraite du phénomène considéré.
Un ordre
de conceptions aussi flexible, qui ne comporte aucunement la
consistance si longtemps propre au système théologique,
doit parvenir, bien plus rapidement, à l’unité
correspondante, par la subordination graduelle des diverses
entités particulières à une seule entité générale, la nature,
destinée à déterminer le faible équivalent métaphysique
de la vague liaison universelle résultée du phénomène.
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