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- Fiches d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique proposée et animée par  François Palacio

- Épistémologie

Buffon, Histoire naturelle (textes choisis)
1749

Fiche 1 - Fiche 2 - Fiche 3 

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Histoire naturelle, Tome VI, Les animaux sauvages (1756)

Si l’on considère chaque espèce dans différents climats, on y trouvera des variétés sensibles pour la grandeur et pour la forme ; toutes prennent une teinture plus ou moins forte du climat. Ces changements ne se font que lentement, imperceptiblement ; le grand ouvrier de la Nature est le Temps : et comme il marche toujours d’un pas égal, uniforme et réglé, il ne fait rien par sauts ; mais par degrés, par nuances, par succession, il fait tout ; et ces changements, d’abord imperceptibles, deviennent peu à peu sensibles, et se marquent enfin par des résultats auxquels on ne peut se méprendre.

Histoire naturelle, Tome II, De la nature de l’homme (1749)

Pour peu qu’on ait réfléchi sur l’origine de nos connaissances, il est aisé de s’apercevoir que nous ne pouvons en acquérir que par la voie de la comparaison ; ce qui est absolument incomparable, est entièrement incompréhensible ; Dieu est le seul exemple que nous puissions donner ici, il ne peut être compris, parce qu’il ne peut être comparé ; mais tout ce qui est susceptible de comparaison, tout ce que nous pouvons apercevoir par des faces différentes, tout ce que nous pouvons considérer relativement, peut toujours être du ressort de nos connaissances ; plus nous aurons de sujets de comparaison, de côtés différents, de points particuliers sous lesquels nous pourrons envisager notre objet, plus aussi nous aurons de moyens pour le connaître et de facilité à réunir les idées sur lesquelles nous devons fonder notre jugement.

Histoire naturelle, Tome I, Méthode et théories (1749)

Difficultés 

Parcourant successivement et par ordre les différents objets qui composent l’Univers, et se mettant en tête de tous les êtres créés, il verra avec étonnement qu’on peut descendre par des degrés presque insensibles, de la créature la plus parfaite jusqu’à la matière la plus informe, de l’animal le mieux organisé jusqu’au minéral le plus brut ; il reconnaîtra que ces nuances imperceptibles sont le grand œuvre de la nature ; il les trouvera ces nuances, non seulement dans les grandeurs et dans les formes, mais dans les mouvements, les générations, dans les successions de toutes les espèces.

En approfondissant cette idée, on voit clairement qu’il est impossible de donner un système général, une méthode parfaite, non seulement pour l’Histoire naturelle entière, mais même pour une seule de ses branches ; car pour faire un système, un arrangement, en un mot une méthode générale, il faut que tout y soit compris ; il faut diviser ce tout en différentes classes, partager ces classes en genres, sous-diviser ces genres en espèces, et tout cela suivant un ordre dans lequel il entre nécessairement de l’arbitraire.

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Mais la Nature marche par des gradations inconnues, et par conséquent elle ne peut pas se prêter totalement à ces divisions, puisqu’elle passe d’une espèce à une autre espèce, et souvent d’un genre à un autre genre, par des nuances imperceptibles ; de sorte qu’il se trouve un grand nombre d’espèces moyennes et d’objets mi-partis qu’on ne sait où placer, et qui dérangent nécessairement le projet du système général.

Histoire naturelle, Tome II, De la reproduction en général

  De la même façon que nous pouvons faire des moules par lesquels nous donnons à l’extérieur des corps telle figure qui nous plaît, supposons que la Nature puisse faire des moules par lesquels elle donne non seulement la figure extérieur, mais aussi la forme intérieure, ne serait-ce pas un moyen par lequel la reproduction pourrait avoir lieu ?

  Il nous paraît donc certain que le corps de l’animal ou du végétal est un moule intérieur qui a une forme constante, mais dont la masse et le volume peuvent augmenter proportionnellement, et que l’accroissement, ou, si l’on veut, le développement de l’animal ou du végétal, ne se fait que par l’extension de ce moule dans toutes ses dimensions extérieures et intérieures, que cette extension se fait par l’intussusception, d’une matière accessoire et étrangère qui pénètre dans l’intérieur, qui devient semblable à la forme, et identique avec la matière du moule.

 vers:  Histoire naturelle, Tome IV, Le cheval (1753)

° Rubrique Philo: Capes-Agreg

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