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° Rubrique Philo:
Capes-Agreg
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Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
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Épistémologie
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E. Boutroux.
De l’idée de loi naturelle dans la science et la philosophie
contemporaine
(1925)
Fiche 1 -
Fiche
2 - Fiche
3 - Fiche
4
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I-
Le
problème de la signification des lois naturelles.
Les
créateurs de la philosophie moderne, Bacon et Descartes,
ont donné pour objet à la science d’atteindre à des
lois qui eussent le double caractère de l’universalité
et de la réalité. Mais si leur but était le même, les
moyens qu’ils emploient pour y parvenir sont différents ;
Bacon suit la direction empiriste, Descartes, la direction
rationaliste.
La
philosophie rationaliste, qui partait de l’unité, s’est
vue obligée de reconnaître différents types de lois (lois
d’essences, lois d’action ou d’existence, principe de
raison suffisante, lois biologiques). C’est qu’elle
s’est trouvée en face de l’expérience, et que la
confrontation de ses principes avec les faits l’a forcée
à agrandir son cadre.
Mais
estiment les empiristes, à quoi bon s’embarrasser des
principes a priori de l’intellectualisme ? Point
n’est besoin de sortir de la nature pour la comprendre.
L’observation et l’induction, conduites suivant une méthode
convenable, suffisent à réaliser l’idée moderne de la
science. Mais voici que surgit une difficulté, inverse de
la précédente. Pour Descartes, le problème était de
relier le réel à l’universel ; pour Bacon ce sera
de relier l’universel au réel.
Quand
nous nous expliquons l’universalité, la réalité nous échappe,
et réciproquement. Faut-il donc rapprocher purement et
simplement le rationalisme et l’empirisme ? Le
rapprochement de ces deux points de vue opposés ne donnera
qu’une juxtaposition et non une synthèse. Or, ce qui,
pour la philosophie, n’était qu’un idéal et un problème,
la science l’a réalisée. Elle a su allier les mathématiques
et l’expérience, et fournir des lois à la fois concrètes
et intelligibles.
La
méthode qu’elle a suivie consiste à chercher pour chaque
ordre de réalités, un principe positif approprié. Les
sciences se sont ainsi émancipées une à une ; elles
se sont constituées comme autonomes, à l’aide de
principes spéciaux et tenus pour irréductibles.
Nous
étudierons séparément chacun de ces groupes, et, à
propos de chacun d’eux, nous nous poserons des questions
relatives :
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1- A leur nature : dans quel sens et dans quelle mesure ces lois sont-elles intelligibles ? N’y a-t-il entre elle que des différences de généralité et de complexité, ou l’apparition d’un nouveau groupe marque-t-il réellement l’introduction d’un nouveau principe philosophiquement irréductible? 2- A leur objectivité : ces lois forment-elles pour nous la substance des choses, ou régissent-elles seulement le mode d’apparition des phénomènes ? 3- A leur signification : le déterminisme existe-t-il réellement dans la nature, ou bien représente-t-il seulement la manière dont nous devons enchaîner les choses pour en faire des objets de pensée?
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II-
Des
lois logiques
Les
lois qui dominent toute recherche scientifique sont des lois
logiques. Par lois logiques, on entend ordinairement celles
de la logique syllogistique, telles que les a formulées
Aristote ; mais il existe des lois logiques plus générales
encore, à savoir les trois principes d’identité, de
contradiction et du tiers exclu.
Qu’est-ce
que le concept ? Ce n’est pas une unité absolue,
car il doit, pour expliquer les choses, envelopper la
multiplicité. Ce n’est pas non plus une multiplicité
absolue, car il ramène le divers à l’unité. Il représente
donc une certaine liaison d’éléments intelligibles, une
relation d’hétérogénéité, au moins relative, entre
des manières d’être. Pas plus que le concept, la
proposition ne peut être rigoureusement conforme à la
formule A est A.
Celle-ci n’apprend rien. Or une proposition doit toujours
apprendre quelque chose et, en ce sens, comporter la formule
A est B.
De
même, le jugement renferme quelque chose d’obscur. En
quoi consiste le lien qu’il établit entre le sujet et
l’attribut ? est-ce une relation de détermination ?
Ainsi le jugement Paul est homme signifie-t-il que l’humanité est une matière dont
Paul est une spécification ? Entendre ainsi le
jugement, c’est retomber dans les notions métaphysiques
et obscures de puissance et d’acte, de forme et de matière.
Les
lois de la logique pures sont incontestables, mais ne
concernent que peu ou point la nature interne des choses ;
les lois de la syllogistique pénètrent plus avant dans la
nature des choses, mais ne peuvent être appliquées
qu’avec discernement.
Il
y a dans les choses des relations qui, en un sens,
correspondent à l’enchaînement syllogistique. Il y a
dans la nature quelque chose comme des classes d’êtres ou
espèces, et quelque chose comme des classes de faits ou
lois. Mais nous ne pouvons savoir a priori dans quelle
mesure cette condition est réalisée ; le développement
de la science peut seule nous en instruire. Tout ce que nous
pouvons conjecturer a priori c’est peut-être ceci.
L’homme, apparemment, n’est pas un monstre dans la
nature ; l’intelligence qui le caractérise doit
avoir quelque rapport avec la nature des êtres en général.
Il doit donc y avoir, au fond des choses, sinon une
intelligence semblable à l’intelligence humaine, du moins
des propriétés, des dispositions qui aient quelque
analogie avec cette intelligence. Il est raisonnable
d’admettre dans la nature comme une tendance vers
l’intelligibilité.
Quant
au syllogisme, s’il n’est qu’un symbole fabriqué par
l’esprit humain, il ne saurait être évident que la nécessité
qui lui est propre se trouve effectivement réalisée dans
les choses. Cette nécessité est la liaison au sein de
l’espèce et du genre. Seules les sciences spéciales nous
apprendront s’il y a dans la nature des genres et des espèces.
Toutefois, comme l’homme n’est pas un empire dans un
empire, comme
non seulement nos raisonnements réussissent, mais qu’il
est naturel qu’ils réussissent, il est légitime
d’admettre qu’il y a dans les choses une tendance à
l’ordre, à la classification, à la réalisation d’espèces
et de lois.
vers:
III-
Les
lois mathématiques
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