|
° Rubrique Philo:
Capes-Agreg
-
Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
-
Épistémologie
-
Bacon
-
Du
progrès et de la promotion des savoirs divin et humain- (1605)
Fiche 1 -
Fiche
2 - Fiche
3
Site
Philagora, tous
droits réservés ©
__________________
Livre
Premier
Ce
traité comporte deux parties : la première montre
combien le savoir et la connaissance sont excellents ;
la seconde examine quels actes particuliers et quelles tâches
particulières ont été entrepris pour l’avancement du
savoir, mais aussi quels manques je trouve dans ces actes
particuliers, quelles sous-estimations on y décèle.
Je crois bon de lever les discrédits dont la
connaissance est l’objet et de la relever des disgrâces
qu’on lui a fait encourir, toujours par ignorance – une
ignorance déguisée de diverses façons : tantôt elle
prend la forme du zèle et de la jalousie des hommes d’église,
tantôt celle de la sévérité et de l’outrecuidance des
politiques, tantôt enfin celle des errances et
imperfections des doctes eux-mêmes.
p. 43 : On réduit de manière prématurée et
qui met fin aux question, le savoir en arts et en présentations
méthodiques : dès lors, les sciences généralement
ne croissent plus, ou plus guère. Les jeunes gens, une fois
qu’ils ont atteint leur parfaite conformation poursuivent
rarement leur croissance. Il en va de même pour le savoir :
tant qu’il existe sous forme d’aphorismes et de
remarques, il pousse ; dès qu’il est inséré et circonscrit
dans des présentations méthodiques strictes, il peut
certes lui arriver d’être encore poli, mieux mis en
valeur, mieux arrangé pour l’usage et la pratique, mais
son volume et sa substance n’augmentent plus.
|
|
Autre
errance qui en est la conséquence : une fois qu’une
distribution des sciences et des arts particuliers a été faite,
les hommes abandonnent le plan du général ou philosophia
prima, ce qui ne peut manquer d’arrêter tout progrès. Aucune
authentique découverte ne peut être faite en restant à un niveau
donné, et il n’est pas possible de mettre en lumière les éléments
les plus éloignés et les plus profonds d’une science, quelle
qu’elle soit, si l’on reste au simple niveau de cette science,
sans monter à une science plus haute.
|
p. 49 : Les deux premières actions de l’homme au Paradis
eurent trait aux deux aspects fondamentaux de la connaissance :
regarder les créatures et leur donner des noms.
Livre
second.
p.
89 : Les parties du savoir humain correspondent
respectivement aux trois parties de l’entendement de
l’homme, qui est le siège du savoir : l’histoire
correspond à sa mémoire, la poésie à son imagination, et
la philosophie à sa raison. Le savoir sacré admet la même
distribution si bien qu’entrent aussi dans la théologie
l’histoire de l’Église et les paraboles qui constituent
la poésie sacrée, et aussi la sainte doctrine c’est à
dire l’enseignement moral.
L’histoire
de la nature est de trois sortes : il y a l’histoire
de la nature dans son cours ordinaire, l’histoire de la
nature errante ou divergente, et celle de la nature
transformée ou forgée – c’est à dire respectivement
l’histoire des créatures, l’histoire des merveilles et
l’histoire des arts.
La
seconde est utile pour deux raisons : la première est
qu’elle permet de corriger le caractère partiel et
partial des axiomes et des opinions, qui sont d’ordinaire
constitués à partir seulement des exemples courants et
familiers ; la seconde est que, des merveilles de la
nature, part le chemin le plus court et la compréhension la
plus brève menant aux merveilles de l’art. Car c’est
tout simplement en suivant, ou pour ainsi dire en
pourchassant la nature dans ses égarements, que l’on se
rend capable de la conduire par la suite au même endroit.
Protée ne changeait jamais de forme tant qu’il n’était
pas attaché et fermement maintenu ; de même les
mutations et les variations de la nature ne peuvent jamais
apparaître aussi pleinement quand elle se donne libre cours
que dans les épreuves et les vexations de l’art.
p. 106 : La poésie est cette partie du savoir
qui concerne la mesure dans les mots ; pour la plus
grande part, elle est contrainte, mais elle est pleine de
licence par ailleurs, et renvoie assurément à
l’imagination, laquelle n’étant pas assujettie aux lois
de la nature, peut à son gré unir ce que la nature a séparé
et séparer ce que la nature a uni, et ainsi opérer des
mariages et des divorces hors la loi des choses.
La
poésie se dit en deux sens, l’un concernant les mots,
l’autre le sujet. Dans le premier cas, elle n’est
qu’une caractéristique du style et appartient aux arts du
langage, il n’y a donc pas lieu d’en traiter ici. Dans
le second cas, elle est une des portions principales du
savoir, et elle n’est rien d’autre que de l’histoire
feinte qui peut donc prendre aussi bien le style de la prose
que celui des vers.
L’utilité
de cette histoire feinte a toujours été de donner quelque
ombre de satisfaction à l’esprit de l’homme sur des
points où la nature des choses le lui refuse, le monde étant,
quant à la proportion, inférieur à l’âme. D’où
vient que l’on y trouve, en conformité avec l’esprit de
l’homme, une grandeur plus ample, un bien plus exact et
une diversité plus absolue que ce que l’on peut trouver
dans la nature des choses. Comme les actes ou les événements
de l’histoire véritable n’ont pas cette grandeur qui
satisfait l’esprit de l’homme, la poésie feint des
actes ou des événements plus élevés et plus héroïques.
vers: -
Fiche
2
°
Rubrique Philo: Capes-Agreg
|