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Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
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Épistémologie
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Bacon
- Novum
Organum
(1620)
Fiche 1 -
Fiche
2 - Fiche
3 - Fiche
4 - Fiche
5 - Fiche
6
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Ie
partie - Aphorismes concernant l’interprétation de la
nature et le règne de l’homme.
§41-
Les idoles de la tribu ont leur fondement dans la nature
humaine elle-même, dans la race, dans la souche des hommes.
C’est à tort en effet qu’on affirme que les sens
humains sont la mesure des choses ; bien au contraire,
toutes les perceptions, des sens comme de l’esprit, ont
proportion à l’homme, non à l’univers.
§42-
Les idoles de la caverne sont celles de l’homme considéré
individuellement. En effet, chacun a une sorte de caverne,
d’antre individuel qui brise et corrompt la lumière de la
nature, par suite de différentes causes : la nature
propre et singulière de chacun ; l’éducation et le
commerce avec autrui, la lecture des livres et l’autorité
de ceux qu’on honore et admire ; ou encore les différences
des impressions, selon qu’elles rencontrent une
disposition prévenue et déjà affectée, ou au contraire
égale et paisible.
§43-
Il y a aussi les idoles qui naissent du rapprochement et de
l’association des hommes entre eux ; et à cause de
ce commerce et de cet échange nous les appelons les idoles
du forum. Car les hommes s’associent par les discours,
mais les mots qu’ils imposent se règlent sur l’appréhension
du commun. De là, ces dénominations pernicieuses et
impropres, qui assiègent l’entendement humain de manière
si surprenante. Et les définitions, les explications, dont
les doctes usent à l’occasion pour s’en prémunir et
s’en dégager, ne rétablissent nullement la situation.
Mais il est manifeste que les mots font violence à
l’entendement, qu’ils troublent tout et qu’ils
conduisent les hommes à des controverses et à des fictions
innombrables et vaines.
§44-
Il y a enfin des idoles qui, propagées par les systèmes
des philosophes et aussi par les règles défectueuses des démonstrations,
sont venues s’implanter dans l’esprit des hommes. Nous
les appelons les idoles du théâtre. Car autant de
philosophies reçues ou inventées, autant, à nos yeux, de
fables mises en scène et jouées, qui ont
créé des mondes fictifs et théâtraux.
§45-
L’entendement humain, en vertu de son caractère propre
est porté à supposer dans les choses plus d’ordre et
d’égalité qu’il n’en découvre ; et, bien
qu’il y ait dans la nature beaucoup de choses sans concert
et sans pareil, cependant l’entendement surajoute des
parallèles, des correspondances, des relations qui
n’existent pas.
§50-
Par eux-mêmes les sens sont quelque chose de faible et d’égarant ;
et les instruments employés pour les aiguiser et pour en étendre
la portée ont peu d’effet. Mais toute interprétation
plus vraie de la nature s’obtient à l’aide
d’instances et d’expériences convenables et appropriées.
Là, les sens jugent de l’expérience seule ; l’expérience
(experimentum), de la nature et de la chose même.
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§59-
Les idoles de la place publique sont de toutes les plus
incommodes ; elles se glissent dans l’entendement à
la faveur de l’alliance des mots et des noms avec les
choses. Les hommes croient en effet que leur raison commande
aux mots. Mais il se fait aussi que les mots retournent et réfléchissent
leur puissance contre l’entendement ; effet qui a
rendu sophistiques et inactives les sciences et la
philosophie. Or les mots sont le plus souvent imposés selon
l’appréhension du commun et dissèquent les choses selon
les lignes les plus perceptibles à l’entendement
humain.
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§62-
En général, quand il s’agit de donner à la philosophie
son matériau, on tire beaucoup de peu ou peu de beaucoup,
en sorte que, des deux côtés, la philosophie repose sur
une base d’expérience et d’histoire naturelle trop étroite,
et décide sur l’autorité de trop peu de données. En
effet, il est un premier genre de philosophes, le genre
rationnel, qui glanent de l’expérience des observations
variées et communes, sans les avoir établies avec
certitude ni examinées ou pesées avec soin ; et tout
le reste, ils le font reposer, dans la méditation et
l’agitation de l’esprit.
Il y a aussi un
autre genre de philosophie qui, s’étant appliqués avec
attention et précision à un petit nombre d’expériences,
se sont enhardis jusqu’à former et façonner des
philosophies, et tout le reste, de façon singulière, ils
le ramènent de force à ces expériences.
Il y a encore un troisième genre : ceux qui mêlent à
la philosophie la théologie et les traditions, au nom de la
foi et de la vénération. Ainsi la souche des erreurs et la
fausse philosophie se divisent en trois genres :
sophistique, empirique, superstitieux.
vers:
L’entendement
humain ...