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° Rubrique Philo:
Capes-Agreg
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Fiches
d'aide à la préparation au CAPES -
Rubrique
proposée et animée par François
Palacio
- Psychologie -
"Cinq
leçons de psychanalyse"
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S. Freud (1909 –
trad. 1924)
Pages:
1 -
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Cinquième
leçon -
Nature
et signification des névroses. La fuite hors de la réalité.
Le refuge dans la maladie. La régression. Relations entre
les phénomènes pathologiques et diverses manifestations de
la vie normale. L’art. Le transfert. La sublimation.
Nous voyons que les hommes tombent malades quand, par
suites d’obstacles extérieures ou d’une adaptation
insuffisante, la satisfaction de leurs besoins érotiques
leur est refusée dans la réalité.
Nous voyons alors qu’ils se réfugient
dans la maladie, afin de pouvoir, grâce à elle,
obtenir les plaisirs que la vie refuse.
Ce n’est pas seulement le moi du malade qui se
refuse énergiquement à abandonner des refoulements qui
l’aident à se soustraire à ses dispositions originelles ;
mais les instincts sexuels eux-mêmes ne tiennent nullement
à renoncer à la satisfaction que leur procure le substitut
fabriqué par la maladie, et tant qu’ils ignorent si la réalité
leur fournira quelque chose de meilleur.
La régression a deux aspects : d’une part,
elle reporte l’individu dans le passé, en ressuscitant
des périodes antérieures de sa libido, de son besoin érotique ;
d’autre part, elle suscite des expressions qui sont
propres à ces périodes primitives.
Aussi sous la pression de nos refoulements intérieurs,
entretenons-nous au-dedans de nous toute une vie de
fantaisie qui, en réalisant nos désirs, compense les
insuffisances de l’existence véritable.
S’il
possède le don artistique, psychologiquement si mystérieux,
il peut, au lieu de symptômes transformer ses rêves en créations
artistiques. Ainsi échappe-t-il au destin de la névrose et
trouve-t-il par ce détour un rapport avec la réalité.
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La
névrose remplace, à notre époque, le cloître où
avaient coutume de se retirer toutes les personnes
déçues par la vie ou trop faibles pour la supporter.
Les névroses n’ont aucun contenu psychique propre
qui ne se trouve aussi chez les personnes saines, ou
comme l’a dit Jung, que les névrosés souffrent de
ces mêmes complexes contre lesquels nous aussi,
hommes sains, nous luttons. Il dépend des proportions
quantitatives, de la relation des forces qui luttent
entre elles, que le combat aboutisse à la santé, à
la névrose ou à des productions sur-normales de
compensation.
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Chaque
fois que nous traitons psychanalytiquement un névrosé, ce
dernier subit l’étonnant phénomène que nous appelons transfert.
Cela signifie qu’il déverse sur le médecin un trop-plein
d’excitations affectueuses, souvent mêlées d’hostilité,
qui n’ont leur source ou leur raison d’être dans aucune
expérience réelle ; la façon dont elles
apparaissent, et leurs particularités, montrent qu’elles
dérivent d’anciens désirs du malade devenus
inconscients. Ce fragment de vie affective qu’il ne peut
plus rappeler dans son souvenir, le malade le revit aussi
dans ses relations avec le médecin ; et ce n’est
qu’après une telle reviviscence par le transfert
qu’il est convaincu de l’existence comme de la force de
ses mouvements sexuels inconscients.
Le transfert s’établit spontanément dans toutes
les relations humaines, aussi bien que dans le rapport de
malade à médecin. La psychanalyse ne le crée donc pas ;
elle le dévoile seulement et s’en empare pour orienter le
malade vers le but souhaité.
Voyons
maintenant ce que deviennent les désirs inconscients libérés
par la psychanalyse. Par quels moyens peut-on les rendre
inoffensifs ? Nous en connaissons trois?
Il arrive le plus souvent, que ces désirs soient simplement
supprimés par la réflexion, au cours du traitement. Ici le
refoulement est remplacé par une sorte de critique ou de
condamnation.
Le deuxième
moyen, par lequel la psychanalyse ouvre une issue aux
instincts qu’elle découvre, consiste à les ramener à la
fonction normale qui eût été la leur, si le développement
de l’individu n’avait pas été perturbé.
Nous connaissons encore une issue, meilleure peut-être,
par où les désirs infantiles peuvent manifester toutes
leurs énergies et substituer au penchant irréalisable de
l’individu un but supérieur situé parfois complètement
en dehors de la sexualité : c’est la sublimation.
Voici enfin la troisième des conclusions possibles
du traitement psychanalytique : il est légitime
qu’un certain nombre des tendances libidinales refoulées
soient directement satisfaites et que cette satisfaction
soit obtenue par les moyens ordinaires. Notre civilisation
qui prétend à une autre culture rend en réalité la vie
trop difficile à la plupart des individus et, par
l’effroi de la réalité, provoque des névroses sans
qu’elle ait rien à gagner à cet excès de refoulement
sexuel. Ne négligeons pas tout à fait ce qu’il y a
d’animal dans
notre nature.
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