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"Si je veux
faire un ouvrage écrit avec soin comme les autres, je ne me
peindrai pas, je me farderai. C'est ici de mon portrait
qu'il s'agit et non d'un livre."
Rousseau, Préambule de Neuchâtel.
Justifiez
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Introduction.
Du latin intro et ducere = ce qui conduit le lecteur dans, au cœur
de: ce n'est donc pas ce qui conduit à une simple question mais
ce qui conduit au cœur de la question, au problème. On entre
dans le devoir. De quoi il s'agit. C'est dire le rôle essentiel
que joue ce qu'on appelle problématique.
On appelle problématique tout ce qui conduit au problème et à
sa résolution.
Or un problème jaillit lorsqu'un calcul préalable a été
déçu, lorsqu'une attente n'est pas satisfaite, d'où une
surprise, un étonnement, une perplexité.
Schéma:
étonnement
=> situation => problématique => annonce du plan =>
enjeu
Étonnement:
On marque sa surprise, sa perplexité devant le sujet que l'on
découvre. On ne s'attendait pas à cela!
Situation:
Il s'agit de situer le sujet dans une double perspective:
- Celle de l'époque: Rousseau s'expose à des critiques, à des
réfutations, à l'héritage du XVII ème siècle, le moi est
haïssable et à la mentalité des contemporains "Le sot
projet qu'il a eu de se peindre...".
- La perspective historique: Rousseau s'insère dans un mouvement
de Saint Augustin à Montaigne dont il s'inspire sans pour cela
imiter. Il revendique l'invention d'un genre nouveau. Au passage
on s'arrange pour montrer que l'on sait de quoi on parle en
donnant une définition précise de l'autobiographique (récit de
soi même par soi même).
Problématique:
Le point de départ est la mise en évidence d'un paradoxe.
Comment Rousseau peut-il écrire un livre en affirmant que ce
n'est pas un livre?
Dans un premier moment la problématique conduit au problème:
elle a pour objet de produire une formulation du problème, de la
question fondamentale que soulève l'affirmation proposée ici.
Par exemple, la problématique commencera par une question:
n'y a-t-il vraiment qu'un portrait sans
étalage dans les Confessions?
Il peut être utile de transformer la citation en question, celle
que vous vous posez en interrogeant la citation de Rousseau. Vous
le questionnez pour ainsi dire et par là, vous vous étonnez,
vous faites un effort pour cerner ce qui vous surprend dans le but
de dégager un problème.
A partir du moment où la problématique vous a conduit à une
question fondamentale, la question de la question, vous allez
initier un mouvement, un raisonnement, une démarche pour
résoudre ce problème. C'est le second aspect de la
problématique: elle est une continuation de la première
problématique. Un problème bien posé entraîne nécessairement
un démarche pour le résoudre, c'est pour cela que certains
considèrent qu'un problème bien posé est résolu. Sans aller
jusque là, on peut dire que si on a bien posé le problème on
est capable de le résoudre.
Annonce du
plan:
Ce qui vient d'être dit a pour conséquence que le plan doit
être ajusté au problème.
Certes, votre démarche, votre problématique est personnelle,
dépend de votre choix, mais elle ne vaudrait rien si elle n'avait
pas pour fin la détermination du problème et sa résolution.
Ce que l'on appelle le plan ou le mouvement du devoir, doit se
dérouler comme une argumentation délibérative, un raisonnement
structuré logiquement, mené pour la résolution du
problème.
Le plan dépend de la problématique choisie: selon la
problématique, il comprend deux ou trois parties.
Voici un exemple à l'usage des débutants qui vous sera plus
utile qu'un corrigé tout fait.
Enjeu du sujet:
L'enjeu c'est ce qui est risqué et donc ce qu'on risque de
perdre: l'autobiographie a-t-elle un statut propre car il faut lui
reconnaître la possibilité d'exprimer la vérité et d'être
sincère et alors elle a un statut propre; si ce n'est pas le cas
on la réduit au roman. En tant que telle l'autobiographie
disparaîtrait.
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Question.
Que penser de l'affirmation de Rousseau? Problème:
comment pourrait-on faire son portrait sans faire un livre,
sans une recomposition, un ordonnancement? Plan
possible:
1) Si ... Pourquoi Rousseau
refuse-t-il la part de fiction propre à toute composition,
que refuse-t-il précisément? Refuse-t-il de "soigner
"les Confessions
2) Alors ... Pour peu que l'on
distingue la recomposition nécessaire à la clarté, à la
vérité de la fiction mensongère, on peut accorder à
l'auteur ce qu'il affirme.
La première partie présente un nécessaire effort de
compréhension des motivations de Rousseau: lorsqu'il dit "un
ouvrage écrit avec soin comme les autres",
veut-il simplement dire qu'il ne va pas romancer les
Confessions , que cet ouvrage sera différent ou veut-il
dire qu'il va être négligé dans son portrait. Le
raisonnement structurant le plan est :
Si ce que que Rousseau refuse c'est bien et non pas
... alors on peut lui accorder qu'il lui est possible
de composer son portrait sans pour cela recourir à des
artifices, tout en restant transparent, tel qu'en lui même. |
La problématique
procède par questionnement ou par exclamation par exemple
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Pour faire
son portrait, faut-il vraiment écrire n'importe comment, de
manière négligée, sans choisir ce qui semble être le
plus significatif et sans le mettre en valeur! Ne peut-on
affirmer, au contraire, qu'une composition est nécessaire
et que loin d'offusquer la vérité, elle la sert, elle
permet d'accéder à la vérité? Ne faut-il pas une
composition soignée, une forme pour faire apparaître en
pleine lumière un portrait, sans que cela n'enlève rien à
son authenticité? La question est de savoir si dans la
représentation de soi, il ne faut pas une mise en scène.
Ce que Rousseau refuse est-ce cette mise en scène ou est-ce
le mensonge?
Que
vaudrait un plaidoyer qui ne s'appuierait pas sur l'idée
claire et distincte?
= Vous
remarquez que la problématique ne répond pas au niveau de
l'introduction. |
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