° Rubrique lettres > Bac Français

BAC FRANÇAIS par J. Llapasset

 Le roman et ses personnages - Perspectives

- 1678 Madame de Lafayette, La Princesse de Clèves

Vision du monde de la cour ; vision du temps

Site Philagora, tous droits réservés
------------------------------------------------------------

Comment voit-on le monde de la cour?
A travers la vision de Madame de Chartres, de la reine, du récit.

Madame de Chartres, mère du personnage central, et la reine, nous aident à répondre:

  • Madame de Chartres: "Si vous jugez sur les apparences en ce lieu-ci, vous serez souvent trompée: ce qui paraît n'est presque jamais la vérité."

Les propos de la reine confirment ce point de vue. "Je souffre (supporte ) en apparence, sans beaucoup de peine, l'attachement du roi pour la duchesse de Valentinois; mais il ( l'attachement) m'est insupportable."

Pourquoi porter un masque? 
A cause de l'insistance des regards inquisiteurs dans un milieu où nul ne peut se cacher, disparaître devant les autres. La reine nous permet de répondre à cette question: "On vous observe, on sait les lieux où vous voyez votre maîtresse, on a dessein de vous y surprendre." On est loin de l'intimité du refuge donné par la nature que peindra la seconde partie du roman. A la cour règne une curiosité tournée vers tous et qui s'exerce sans cesse. Il s'agit d'échapper à la monotonie de l'étiquette, en dénonçant de petits scandales. On guette particulièrement les amours secrètes qui se nouent, les réactions provoquées par le sentiment, chez celui qui le ressent.
"Il ne put cacher sa surprise", dit le narrateur en parlant de monsieur de Clèves.

L'insincérité est le refus du temps vivant.

Quelles sont les valeur de ce monde de la cour?
L'éclat, la naissance, la fortune et le mérite, mais aussi le devoir.

Vision du temps: d'un temps à l'autre.
Il est bien vrai que la cour voyage (Le Louvre, Chambord, Blois, Le Poitou, Reims...) mais à la manière d'un système convenu qui ne change que de lieu, sans pour cela changer la représentation toujours recommencée, toujours convenue, comme si on voulait exorciser le temps de la surprise, de la liberté, du changement. C'est comme si les conventions, une fois définies, submergeaient la vie et le sentiment. 
Pourquoi cette peur de la vie et du sentiment? Quoiqu'il en soit, c'est la répétition du même qui rêve d'exclure les occasions, le hasard des rencontres. 
Même la nature est ordonnée, sagement encadrée par des allées: elle ne fait que refléter le rythme de la cour, l'ordre défini  une fois pour toutes par le grand ordinateur qu'est le temps. Ce qui est valorisé c'est un temps logique qui permet une vie intellectualisée, qui permet de prévoir et donc de se reposer.

Pourtant, paradoxalement, le retour à intervalles réguliers des fêtes qui devraient assurer le repos par la prévision, ce rythme est aussi celui des occasions et des rencontres par lesquelles le désordre s'introduit; la vie naturelle se rappelle à ceux qui voulaient la nier, la refuser; ceux qui mettaient leur espoir en un temps maîtrisé qui leur assurerait la paix.

La vision du temps de ce monde de la cour valorise l'ordre et dévalorise la surprise, la rupture. Certes, une telle vision du temps permettrait la prévision à celui qui se plierait au déterminisme qu'il déroule mais il y a un prix à payer: c'est la perte du temps vivant, un refus du temps réel c'est à dire un refus de l'existence, de ce temps réel parsemé de surprises qui déconcerte les calculs les plus évidents.

Nous dirons le temps qui détermine ou le temps qui surprend. Ou bien le repos dans la mort , ou bien l'amour et ses entraves.

--

Les promesses de bonheur... 

° Rubrique lettres > Bac Français

2010 ©Philagora tous droits réservés Publicité Recherche d'emploi
Contact Francophonie Revue Pôle Internationnal
Pourquoi ce site? A la découverte des langues régionales J'aime l'art
Hébergement matériel: Serveur Express