° Rubrique lettresJ'aime les livres

Auteurs

Bruno Tessarech.

  Les grandes personnes  
Calmann-Lévy  

(Un aperçu de Joseph Llapasset)


------------------------------------------------------------

"Ce que j'ai désiré atteindre de toutes mes forces - ma loi à moi, en quelque sorte - disparaît à jamais." (Alain, le père, page 237)

"Ce piano qui essaie de faire entendre sa voix, c'est moi. Maladroit, répétitif, hors du coup"....
"Je vendais des assurances-vie, j'avais trente-trois ans et déjà l'impression que beaucoup de choses étaient compromises"... (Le narrateur, page 36)

Découvrir que les grandes personnes manquent de sérieux, qu'il n'y a donc pas de grandes personnes sur qui s'appuyer, a commencé par désespérer cet enfant que nous sommes peut-être restés.

Dans les premières ligne du roman, le narrateur conduit sa vieille voiture comme un enfant qui illumine de son regard confiant tout ce qu'il rencontre et accueille, certain de trouver au cours de son voyage ces grandes personnes qui l'aideront par le sérieux de leur vie à devenir lui même une grande personne.

Ce voyage est pourtant un parcours dans lequel les yeux se ternissent progressivement: une succession de révélations écorchent l'âme de l'enfant: trahisons, lâchetés, fuites d'un présent qu'il aurait fallu assumer, prendre à bras le corps, au lieu de suivre le lâche désir de la sensualité ou le vain espoir.

C'est donc un voyage initiatique que nous faisons ou que nous refaisons, le nôtre, pour traverser ces blessures laissées par la découverte des mensonges de ceux qui se présentaient comme des grandes personnes et qui n'étaient que des coyotes ou au mieux des fuyards.

D'où vient que ce voyage est pourtant source de cette espérance qui illumine le présent, d'où vient que ce roman se lit d'un trait?

   De ce qu'il nous donne la joie de vivre qui ne le quitte jamais?

   De la pensée de la mort qui fait apparaître le sérieux de l'existence?

   De la grand-mère qui a tenté de s'enfermer dans le présent des souvenirs?

   Du père qui, dans l'humilité retrouvée, dans l'aveuglement accepté, revit et comprend sa détresse d'enfant qui ne savait sur qui s'appuyer et qui s'est réfugié dans l'espoir qui maudit le présent?

   Du narrateur qui, relevant le défi, va donner à son père la grande personne qui lui a manqué, dans un mouvement d'assomption qui le fait adulte et par lequel il s'empare de l'actuel, "de l'aujourd'hui-même" dirait Kierkegaard?

   Qui a dit que les adultes claqueraient des dents si la jeunesse avait froid?

Joseph Llapasset

Retour à la rubrique "J'aime lire"

° Rubrique lettres http://www.philagora.net/frindex.php

2010 ©Philagora tous droits réservés Publicité Recherche d'emploi
Contact Francophonie Revue Pôle Internationnal
Pourquoi ce site? A la découverte des langues régionales J'aime l'art
Hébergement matériel: Serveur Express