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Texte de Nietzsche 

"...La conscience n’est qu’un réseau de communications entre les hommes..."

Page 1 et page 2

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"La conscience n’est qu’un réseau de communications entre les hommes; c’est en cette seule qualité qu’elle a été forcée de se développer: l’homme qui vivait solitaire, en bête de proie, aurait pu s'en passer. Si nos actions, pensées, sentiments et mouvements parviennent — du moins en partie — à la surface de notre conscience, c’est le résultat d’une terrible nécessité qui a longtemps dominé l’homme, le plus menacé des animaux: il avait besoin de secours et de protection, il avait besoin de son semblable, il était obligé de savoir dire ce besoin, de savoir se rendre intelligible; et pour tout cela, en premier lieu, il fallait qu’il eût une "conscience", qu’il "sût" lui-même ce qui lui manquait, qu’il "sût" ce qu’il sentait, qu’il "sût" ce qu’il pensait. Car comme toute créature vivante, l’homme pense constamment, mais il l’ignore. La pensée qui devient consciente ne représente que la partie la plus infime, disons la plus superficielle, la plus mauvaise, de tout ce qu’il pense : car il n’y a que cette pensée qui s’exprime en paroles, c’est-à-dire en signes d’échanges, ce qui révèle l’origine même de la conscience."

Nietzsche Le Gai savoir. Paragraphe 354
=======================

=  Lisons le texte ensemble: (suite)

actions, pensées, sentiments et mouvements: Nietzsche énumère tout ce qui apparaît à la conscience.

parviennent: apparaissent à notre conscience.

à la surface: terme important: cela implique qu'il y a une profondeur une force tranquille de l'inconscient.

du moins en partie: nous avons conscience mais il y a des zones d'ombres. j'ai conscience de ce que je fais, mais je ne sais pas toujours pourquoi je le fais.

résultat: le développement de la conscience est un résultat.

nécessité: ce qui pèse sur l'homme comme un destin auquel, parce qu'il était faible,il ne pouvait échapper par lui même. Ce qui le contraignait à se faire aider par les autres et donc à communiquer.

le plus menacé: en conséquence, il était vital pour lui de se regrouper et de créer des sociétés d'entraide, dans lesquelles les faibles regroupés devenaient forts.

besoin: c'était une nécessité pour celui qui voulait survivre, comme la nécessité de manger, de boire ....

semblables: faibles comme lui, menacés.

obligé: ici désigne encore la nécessité: le faible ne peut faire autrement que de chercher une protection.

savoir dire: pouvoir exprimer, rendre intelligible ce dont il avait conscience.

ce besoin: cet état de détresse perpétuelle.

pour tout ceci: tout implique la conscience.

sût...: le savoir est donné par la conscience: je sais que je suis menacé... 

lui même: par lui même.

lui manquait: lui faisait défaut.

ce qu'il sentait: ce qu'il éprouvait et en particulier le sentiment de détresse.

car: pour savoir ce qu'il pensait, il lui fallait la conscience. Ce qui signifierait que sans la conscience il pensait. Si le corps pense, l'homme pense toujours.

la pensée: celle qui est consciente n'est que la partie émergée d'un iceberg.

la plus infime: au dernier degré de la hiérarchie.

la plus superficielle: la plus à la surface, celle qui manque de profondeur.

la plus mauvaise: la plus imparfaite. Elle n'a que peu de valeur car elle n'apparaît que par des paroles.

signes d'échanges: les paroles ne sont que des signes pour donner et recevoir des informations pratiques, pour communiquer: elles sont intéressées, vulgaires.

l'origine: ce d'où est sorti la conscience, ce qui l'a produite, ce qui l'a faite telle qu'elle est.

Page 1 et page 2

Bonne continuation
Joseph Llapasset

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